Défauts de gouvernance et d'information dans l'affaire Uramin

mardi 14 février 2012 20h26
 

par Benjamin Mallet et Caroline Jacobs

PARIS, 14 février - L'audit interne réalisé par Areva sur l'acquisition controversée de la société minière Uramin a conclu à un défaut de gouvernance et d'information mais n'a pas révélé d'éléments accréditant les rumeurs de fraude, a annoncé mardi le spécialiste public du nucléaire.

L'acquisition d'Uramin en 2007 pour 2,5 milliards de dollars (1,7 milliard d'euros) a contraint Areva à inscrire dans ses comptes en 2010 et 2011 des provisions d'un montant total proche de 1,9 milliard d'euros pour tenir compte de la dévalorisation des actifs de la société, consécutive à une baisse des cours de l'uranium et de ses réserves estimées.

Le groupe avait annoncé fin 2011 la constitution d'un comité composé de trois membres indépendants du conseil de surveillance "afin d'examiner les conditions d'acquisition et d'exploitation d'Uramin et d'en tirer des enseignements pour le groupe", qui avait acquis cette société sous la présidence d'Anne Lauvergeon, remplacée en juin par Luc Oursel.

Le comité ad hoc indique dans ses conclusions dévoilées mardi dans un communiqué que "si certaines rumeurs laissent entendre qu'Areva aurait été victime de manoeuvres frauduleuses, (il) n'a eu connaissance pour sa part d'aucun élément venant accréditer la réalité de ces thèses".

Il souligne cependant que l'opération s'est faite "au prix fort" dans "un climat de volontarisme, alimenté par la hausse rapide des cours de l'Uranium et par un mouvement de consolidation du marché qui s'est accéléré sur le premier semestre 2007 (...) et qui a conduit la direction générale de l'entreprise et les équipes en charge à sous-estimer les risques".

INVESTISSEMENTS DISCUTABLES EN NAMIBIE

"Celles-ci se sont en effet montrées certaines de leur capacité à faire entrer rapidement au capital des partenaires chinois pour partager le fardeau. Elles ont en outre tablé sur un calendrier très volontariste pour la mise en exploitation des trois gisements, alors même que les caractéristiques de ceux-ci (...) entraînaient de réelles contraintes opérationnelles", ajoute le comité.

"Les différentes présentations faites à l'APE (Agence des participations de l'Etat) et au conseil de surveillance font insuffisamment ressortir les incertitudes que peuvent exprimer en interne les équipes techniques dans la période précédant l'acquisition."   Suite...

 
<p>L'audit interne r&eacute;alis&eacute; par Areva sur l'acquisition controvers&eacute;e de la soci&eacute;t&eacute; mini&egrave;re Uramin a conclu &agrave; un d&eacute;faut de gouvernance et d'information mais n'a pas r&eacute;v&eacute;l&eacute; d'&eacute;l&eacute;ments accr&eacute;ditant les rumeurs de fraude. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau</p>