La BCE ouvre la porte à une aide indirecte à la Grèce

jeudi 9 février 2012 19h11
 

par Eva Kuehnen

FRANCFORT (Reuters) - Le président de la Banque centrale européenne (BCE) a ouvert jeudi la porte à une aide indirecte à la Grèce, après l'acceptation par les partis politiques grecs des mesures d'austérité, préalable obligé au déblocage d'un deuxième plan d'aide.

La Grèce, qui a besoin de ce plan pour éviter un défaut désordonné, a demandé à la BCE de restituer ses profits sur ses avoirs obligataires grecs, ce qui pourrait représenter au moins 12 milliards de dollars.

Le plan d'austérité avalisé par la classe politique grecque, combiné à une importante décote que devraient consentir les créanciers privés d'Athènes sur leurs obligations grecques et à un éventuel coup de main de la BCE, doit permettre de ramener l'endettement de la Grèce à un ratio représentant 120% du produit intérieur brut (PIB) d'ici 2020, contre 160% aujourd'hui.

Mario Draghi a déclaré qu'un accord entre la Grèce et les créanciers privés sur un échange de dette était proche.

Ceci étant dit, les bailleurs de fonds pensent que le deuxième plan d'aide de 130 milliards d'euros pour la Grèce, dont les grandes lignes ont été définies en octobre, n'est plus suffisant pour remettre le pays sur les rails.

Lors d'une la conférence de presse qui a suivi la décision de la BCE de laisser son taux directeur inchangé à son plus bas historique de 1%, Mario Draghi est longtemps resté muet sur ce que pourrait l'institut d'émission pour Athènes avant de dire à la toute fin que la BCE pourrait distribuer aux Etats les bénéfices tirés des avoirs obligataires grecs.

Les Etats de la zone euro pourraient aller transférer cet argent à la Grèce et la BCE n'enfreindrait pas l'interdiction de financer les pays.

"Le FESF c'est l'Etat. Donc si la BCE donne de l'argent à l'Etat, c'est du financement monétaire. Si la BCE distribue une partie de ses bénéfices à ses Etats membres suivant une clé de répartition, ce n'est pas du financement monétaire", a dit Mario Draghi.   Suite...

 
<p>Le pr&eacute;sident de la Banque centrale europ&eacute;enne Mario Draghi a ouvert la porte &agrave; une aide indirecte &agrave; la Gr&egrave;ce, apr&egrave;s l'acceptation par les partis politiques grecs des mesures d'aust&eacute;rit&eacute;, pr&eacute;alable oblig&eacute; au d&eacute;blocage d'un deuxi&egrave;me plan d'aide. /Photo prise le 9 f&eacute;vrier 2012/REUTERS/Alex Domanski</p>