L'Union européenne peine à concilier croissance et austérité

lundi 30 janvier 2012 17h33
 

par Julien Toyer et Emmanuel Jarry

BRUXELLES (Reuters) - Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne espéraient ajouter lundi un volet croissance et emploi à leurs politiques d'austérité, et convaincre ainsi les marchés financiers que l'Europe est en passe de résoudre la crise de la dette dans laquelle elle est plongée depuis plus de deux ans.

Le sommet de Bruxelles, qui s'est ouvert vers 15h00 GMT, doit également être l'occasion d'envoyer un message fort sur la détermination politique de la zone euro à se doter de règles de fonctionnement plus fortes et de mécanismes d'urgence puissants, alors que la situation en Grèce, au Portugal et à un moindre degré en Italie et en Espagne reste préoccupante.

L'économie espagnole est sur le point de glisser dans une longue récession après avoir enregistré en recul de 0,3% sur le dernier trimestre 2011.

L'économie italienne est également sous pression, même si les coûts de financement italiens ont chuté lundi, signe que le gouvernement de Mario Monti est en passe de rétablir la confiance des investisseurs dans son pays.

Rome et Madrid ont réclamé ces dernières semaines que les objectifs de réduction de déficits soient adoucis au sein de la zone euro et que l'accent soit mis sur la croissance afin de ne pas sacrifier l'activité économique sur l'autel de l'austérité.

Lundi, la Commission européenne a ouvert la porte à un assouplissement des critères du déficit espagnol, se montrant consciente qu'il sera très difficile pour l'Espagne d'atteindre ses objectifs en la matière.

De nombreuses voix se sont également élevées pour souligner que les déficits publics dans certains pays n'étaient pas seulement le résultat d'une politique budgétaire et fiscale accommodante mais aussi le reflet des déséquilibres économiques plus profonds au sein de la zone euro et le résultat de l'excédent commercial et la modération salariale en Allemagne.

La chancelière Angela Merkel a toutefois prévenu qu'elle ne changerait pas de cap à Bruxelles et qu'elle insisterait sur la nécessité de poursuivre coûte que coûte les réformes structurelles et la consolidation budgétaire.   Suite...

 
<p>Nicolas Sarkozy en discussion avec le pr&eacute;sident du Conseil italien Mario Monti (&agrave; droite) &agrave; Bruxelles. Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union europ&eacute;enne esp&eacute;raient ajouter lundi un volet croissance et emploi &agrave; leurs politiques d'aust&eacute;rit&eacute;, et convaincre ainsi les march&eacute;s financiers que l'Europe est en passe de r&eacute;soudre la crise de la dette dans laquelle elle est plong&eacute;e depuis plus de deux ans. /Photo prise le 30 janvier 2012/REUTERS/Yves Herman</p>