Pékin et Moscou devraient profiter des sanctions contre l'Iran

vendredi 27 janvier 2012 23h49
 

par Dmitry Zhdannikov

DAVOS (Reuters) - La Chine et la Russie devraient être les principaux bénéficiaires des sanctions européennes et américaines contre l'Iran, tandis que la majeure partie des compagnies pétrolières occidentales en seront les grandes perdantes, estiment les spécialistes des milieux pétroliers.

L'Iran continuera d'écouler le même volume de pétrole - 2,6 millions de barils par jour (bpj), soit 3% environ de l'offre mondiale - mais la quasi-totalité de ce brut partira en Chine. Comme celle-ci restera le seul gros client de l'Iran, elle sera en mesure de négocier un prix considérablement revu à la baisse, notent les analystes.

L'Union européenne a décidé lundi d'interdire tout nouveau contrat concernant l'importation, l'achat ou le transport de pétrole iranien, mais les contrats déjà signés entre l'Iran et les pays membres pourront être honorés jusqu'au 1er juillet.

Les Etats-Unis comptent imposer des sanctions à la Banque centrale d'Iran et peut-être à sa compagnie maritime. Des majors du pétrole comme Total et Royal Dutch Shell ont d'ores et déjà renoncé à leurs achats de brut iranien ou sont en train de le faire.

Le Japon et la Corée du Sud ont fait comprendre de leur côté qu'ils pourraient réduire leurs achats de brut iranien pour s'aligner sur les sanctions américaines, qui visent à faire pression sur l'Iran dans le domaine du nucléaire.

Un nombre croissant de clients vont être en concurrence pour obtenir de nouveaux fournisseurs. L'attention se tourne inévitablement vers l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial et seul pays en mesure d'accroître rapidement sa production pétrolière et d'éviter ainsi une montée en flèche du cours de l'or noir. "Tout ce que nous avons à faire, c'est ouvrir des valves", expliquait il y a dix jours le ministre saoudien du Pétrole, Ali al Naimi.

Le Fonds monétaire international (FMI) a prévenu cette semaine que les cours du brut pourraient augmenter de 20% à 30% si l'Iran ripostait en interrompant complètement ses exportations.

Pour les décideurs du secteur pétrolier, réunis à Davos ces jours-ci à l'occasion du Forum économique mondial, les marchés de l'énergie peuvent se permettre de perdre la moitié des 2,6 millions de bpj produits par l'Iran. Cela équivaudrait en gros au manque provoqué par l'arrêt de la production libyenne pendant les mois de conflit entre insurgés et kadhafistes.   Suite...