Zombies et vautours, l'inquiétant bestiaire du private equity

jeudi 26 janvier 2012 14h12
 

par Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - A chacun son bestiaire. Si le dragon est à l'honneur de la nouvelle année chinoise, le secteur du capital-investissement s'apprête, lui, à faire face au retour de moins riantes créatures : les LBOs zombies et les fonds vautours.

Le capital-investissement doit en effet faire face depuis la fin 2011 à une probable récession et à un "credit crunch", un alignement d'étoiles qui rappelle 2009, année ponctuée de fracassants naufrages de montages financiers basés sur des leviers de dette importants, les leveraged buy-out (LBO).

Des fonds d'investissement comme PAI, Sagard ou Cognetas avaient alors perdu l'intégralité de leur investissement dans des entreprises touchées de plein fouet par la crise, comme le groupe de produits de toiture Monier ou le fabricant de flacons SGD.

La reprise économique jusqu'à la fin du premier semestre 2011 a occulté le fait que de nombreux LBO n'étaient pas viables financièrement, mais le retour de la crise financière et l'assèchement du crédit ont fait tomber le voile.

"Les fonds zombies ou les LBO zombies, on en a tous côtoyés sans le savoir, mais maintenant ils sont visibles", explique à Reuters Saam Golshani, avocat au cabinet Orrick Rambaud Martel.

Un LBO zombie est une entreprise dont la valeur est devenue largement inférieure à celle de sa dette et dont les actionnaires n'ont plus guère d'espoir de récupérer leur mise.

Le LBO est donc alors condamné du point du vue comptable mais continue à survivre en payant simplement les intérêts de la dette, quitte à sous-investir dans l'entreprise qu'il détient.

Paradoxe de ces situations de crise, l'entreprise est parfois parfaitement rentable d'un point de vue opérationnel mais est étranglée par la dette que les fonds ont levée pour la racheter.   Suite...