Moody's maintient ses interrogations sur le Aaa français

lundi 16 janvier 2012 21h56
 

PARIS/MADRID (Reuters) - L'agence Moody's a répété lundi qu'elle examinait la perspective stable de la note Aaa de la France et qu'elle actualiserait les notes des pays de l'Union européenne au premier trimestre.

Elle souligne dans une note que ce triple A français serait sous pression si le ratio de la dette publique par rapport au PIB continuait à se dégrader ou si la conjoncture économique et financière se détériorait.

En déplacement à Madrid, le président Nicolas Sarkozy en a seulement tiré la conclusion que Moody's maintenait sa note maximum pour la France, trois jours après la décision d'une autre agence, Standard & Poor's, de lui retirer au contraire son triple A.

"En France (...) ce ne sont pas les agences de notation qui doivent définir les politiques économiques des pays respectifs", a déclaré le président français lors d'une conférence de presse à l'issue d'un entretien avec le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy.

"Vendredi une agence a fait perdre le triple A, lundi une agence confirme que la France garde le triple A", a-t-il ajouté. "Il faut réagir à ces décisions avec sang froid (...) Ma conviction c'est que cela ne change rien : nous devons réduire nos déficits, réduire nos dépenses, améliorer la compétitivité de nos économies pour retrouver le chemin de la croissance."

SANG FROID

Nicolas Sarkozy a dénoncé le "manque de sang froid de tous ceux qui se trouvaient tellement bavards et agités vendredi et qui sont tellement silencieux lundi en fonction de ce que dit une agence ou de ce que ne dit pas une autre agence" - une pierre dans le jardin de l'opposition de gauche.

Les commentaires des agences de notation sont des éléments "intéressants" dont il faut tenir compte mais auxquels il convient de ne pas "sur-réagir", a-t-il ajouté.

Contrairement à ce que Nicolas Sarkozy a voulu y voir, le texte publié par Moody's ne fait que réaffirmer la position de l'agence en y ajoutant le risque d'une perspective économique plus sombre.   Suite...