L'économie parallèle gagne du terrain au Portugal

lundi 16 janvier 2012 15h52
 

LISBONNE (Reuters) - Le poids de l'économie parallèle a progressé en 2010 pour atteindre près d'un quart du Produit intérieur brut (PIB) au Portugal, et probablement davantage en 2011, année où l'imposition a été relevée, montre une étude publiée lundi.

L'estimation de croissance de l'économie souterraine, à 2,5% en 2010, bien que modeste, est une mauvaise nouvelle pour le gouvernement de centre-droit qui a mis en oeuvre des mesures d'austérité dans le cadre du plan d'aide international de 78 milliards d'euros visant à réduire le déficit budgétaire et à limiter l'envolée de la dette.

En plus de la fraude fiscale, l'économie souterraine fausse la compétitivité du pays, point faible du Portugal.

Le rapport, élaboré par l'Université de Porto et l'Observatoire de surveillance de la fraude, montre que l'économie parallèle a crû de 2,5% en 2010, pour peser 24,8% du PIB.

Cela se traduit par une perte de recettes publiques de plus de huit milliards d'euros.

"On commence tout juste à analyser les données de 2011, mais si l'on prend en compte la hausse des impôts et du chômage, une nouvelle progression de l'économie non déclarée est à prévoir", commente le Professeur Oscar Afonso, directeur adjoint de l'Observatoire.

Selon lui, ces chiffres suggèrent que l'économie souterraine du Portugal est bien plus importante que la moyenne des 16 pays européens de l'OCDE, où elle représentait environ 17% du PIB en 2003, année où on été publiées les dernières données disponibles.

Seule la Grèce, et peut-être l'Italie, affichent des performances plus mauvaises que Lisbonne.

Dans son ampleur, ce manque à gagner est comparable au transfert exceptionnel de près de six milliards d'euros prélevés l'année dernière par l'Etat dans des fonds de pension des banques afin d'atteindre l'objectif de déficit budgétaire de 5,9% du PIB imposé à Lisbonne dans le cadre du plan d'aide international.   Suite...