Moody's maintient ses interrogations sur le Aaa français

lundi 16 janvier 2012 12h16
 

PARIS (Reuters) - L'agence Moody's a répété lundi qu'elle examinait la perspective stable de la note Aaa de la France et qu'elle actualiserait les notes des pays de l'Union européenne au premier trimestre.

Dans un texte publié après la dégradation de la note française par Standard & Poor's, Moody's souligne que le Aaa accordé à la France serait sous pression si le ratio de dette publique sur PIB continuait de dériver ou si la conjoncture économique et financière se détériorait.

"La solidité financière de la France s'est affaiblie comme c'est le cas pour d'autres émetteurs souverains de la zone euro, la crise économique et financière mondiale ayant conduit à une détérioration des chiffres de la dette publique - qui sont désormais parmi les moins solides comparés aux autres souverains Aaa", lit-on dans cette note.

Moody's souligne à nouveau les atouts que conserve la France, en particulier une "soutenabilité" de la dette qui reste "très confortable". L'agence ajoute que l'engagement à mettre en oeuvre les réformes nécessaires, ainsi que des "progrès visibles" dans la réalisation des objectifs de redressement des finances publiques "seront importants pour le maintien de la perspective stable" associée au Aaa.

Moody's prend aussi acte de l'effort de redressement des comptes entrepris par le gouvernement ces derniers mois, à travers l'annonce d'un second plan d'austérité début novembre.

ATTENTION À LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE

Mais elle souligne que les mesures doivent être pleinement mises en oeuvre et qu'elles ne doivent pas fragiliser la croissance économique, dont Moody's rappelle que le gouvernement n'en a pas la pleine maîtrise, comme d'ailleurs des développements de la crise de la dette souveraine.

L'agence cite plusieurs facteurs pouvant conduire à une abaissement de la note française.

"La note Aaa de la France pourrait être mise sous pression si le ratio de dette publique sur PIB continue de dériver sans montrer de signe de stabilisation à un niveau très soutenable", écrit-elle.   Suite...