Le FESF à la recherche de nouveaux moyens

dimanche 15 janvier 2012 15h20
 

par Jan Strupczewski et Robin Emmott

BRUXELLES (Reuters) - L'abaissement de la note de la majorité des pays de la zone euro par Standard & Poor's risque de fortement réduire la capacité de prêt du fonds de secours de la zone euro, le FESF, notamment s'il insiste pour conserver sa note AAA, estiment les spécialistes.

Ainsi, la décision de S&P de réduire d'un cran la note de la France et de lui supprimer la note maximale AAA devrait réduire la puissance de feu effective du Fonds européen de stabilité financière de près de 20%, soulignait vendredi un responsable de la zone euro juste avant l'annonce officielle du déclassement par l'agence américaine. De 440 milliards d'euros, elle sera ramenée à 360 milliards.

"Il est clair que la puissance de feu actuelle de 440 milliards de tient plus, en raison de la façon dont elle est calculée", a déclaré ce responsable de la zone euro qui participe aux discussions sur le FESF.

Cette facilité de crédit, créée en mai 2010, a permis de sauver l'Irlande et le Portugal.

Quand elles ont été priées de noter le FESF, les trois grandes agences internationales, S&P, Moody's et Fitch, ont décidé qu'elles baseraient leurs calculs seulement sur les pays notés AAA, attribuant une garantie zéro aux autres Etats, explique ce responsable.

Or, les six pays notés à la note maximum ne sont désormais plus que quatre après la perte du triple A de la France et de l'Autriche vendredi soir. En outre, sept autres Etats ont vu leur note abaissée.

De ce fait, pour maintenir le label AAA après le coup de tonnerre de vendredi, le FESF va devoir demander des garanties plus fortes aux autres derniers pays notés triple A : Allemagne, Finlande, Luxembourg et Pays-Bas.

C'est ce qu'a d'ailleurs laissé entendre John Chambers, président du comité des notations souveraines de S&P. Le FESF pourrait conserver sa note AAA si l'Allemagne et les trois autres pays notés triple A de la zone euro augmentent leur soutien financier, a-t-il déclaré vendredi soir à Reuters Insider après le déclassement de la France et de l'Autriche.   Suite...