La France rattrapée par son laxisme budgétaire

vendredi 13 janvier 2012 23h13
 

par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - La perte du triple A est un coup dur pour les autorités françaises qui avaient fait de la défense de la note souveraine du pays une priorité absolue avant de se résigner à une dégradation en grande partie intégrée par les investisseurs.

Elle sanctionne des décennies de laxisme budgétaire et une détérioration des fondamentaux de la France reflétée par la dérive des déficits du commerce extérieur et des comptes courants.

L'agence de notation Standard & Poor's a réduit vendredi d'un cran la note de la France à AA+ avec perspective négative mais cet abaissement moindre que redouté, tout comme la dégradation d'autres pays de la zone euro, n'est qu'une maigre consolation. D'autant que l'Allemagne, que S&P avait aussi menacé d'une dégradation a conservé son triple A avec perspective stable.

Les notes souveraines de 15 pays de la zone euro avaient été placées début décembre sous surveillance avec implication négative par S&P.

Parmi les pays concernés bénéficiant de la note AAA, la meilleure possible, seule la France était menacée d'être abaissée de deux crans.

L'agence Moody's a quant à elle annoncé le 12 décembre qu'elle réexaminerait les notes des pays de l'Union européenne au cours du premier trimestre.

Un responsable de Fitch Ratings, la troisième grande agence de notation mondiale, a dit mardi à Reuters que la note AAA de la France ne devrait pas être abaissée en 2012.

La dégradation d'un cran par S&P signe l'échec d'une gestion des finances publiques longtemps trop laxiste, critiquée depuis des années en France et à l'étranger, et dénoncée par le président français lui-même, à la toute fin de son mandat.   Suite...