Standard & Poor's prive la France de son précieux AAA

vendredi 13 janvier 2012 23h56
 

PARIS (Reuters) - La note souveraine de la France a été abaissée d'un cran à AA+ par Standard & Poor's, qui n'exclut pas une nouvelle dégradation d'un cran en 2012 ou 2013 si les finances ne se redressent pas.

L'agence de notation, qui a dans le même temps maintenu le "triple A" de l'Allemagne, motive sa décision principalement par l'impact d'une aggravation des problèmes politiques, financiers et monétaires au sein de la zone euro.

Ces problèmes, selon S&P, concernent tous les pays de la zone euro, dont l'Allemagne, mais elle est plus pénalisante pour la France en raison de la situation de ses finances publiques.

S&P pointe ainsi "le niveau relativement élevé de la dette publique" et évoque comme premier risque pour une dégradation supplémentaire une possible déviation par rapport aux objectifs annoncés de redressement des finances publiques.

"Les mesures budgétaires annoncées par le gouvernement jusqu'à présent pourraient être insuffisantes pour parvenir aux objectifs de réduction du déficit en 2012 et 2013 si la croissance économique au cours de ces années tombait en dessous des prévisions actuelles du gouvernement de 1% et 2% respectivement", lit-on dans le communiqué.

Pour S&P, une nouvelle "dégradation d'un cran" de la note française pourrait intervenir "si la croissance économique demeurait faible pendant une période prolongée ou si le déficit public demeurait proche de ses niveaux actuels, entraînant une augmentation graduelle de la dette publique, la menant à dépasser 100% du PIB".

La dette publique a atteint 1.688,9 milliards d'euros fin septembre, soit environ 85,3% du PIB.

A contrario, la signature de la France "pourrait se maintenir à son niveau actuel si les autorités parvenaient à accentuer la réduction du déficit public de façon à stabiliser le ratio de dette publique au cours des deux ou trois prochaines années".

S&P souligne aussi la nécessité de mettre en oeuvre des réformes structurelles pour soutenir la croissance.   Suite...