La confusion demeure sur le projet français de taxe Tobin

mardi 10 janvier 2012 18h06
 

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Taxe Tobin, y aller seul ou non ? Nicolas Sarkozy se dit prêt à sauter le pas malgré les objections des milieux d'affaires et des économistes. Mais le flou demeure sur les modalités et les ministres concernés ont entretenu mardi une certaine confusion.

Le chef de l'Etat a redit au petit déjeuner hebdomadaire des dirigeants de sa majorité que si la France ne mettait pas en oeuvre cette taxe sur les transactions financières (TTF), elle ne verrait jamais le jour, ont rapporté des participants.

"La France ne se contentera pas d'en parler, elle le fera", a-t-il confirmé plus tard à Mulhouse (Haut-Rhin).

Mais en début de matinée, la ministre du Budget, Valérie Pécresse, déclarait sur France 2 que cette taxe n'avait de sens que si elle était "portée par l'Europe".

"Si la France la met en place uniquement toute seule, évidemment, à terme, elle sera contournée", a-t-elle expliqué. Avant d'ajouter toutefois que la France devait être le pays qui "donne le coup de pouce, qui enclenche le mouvement".

Le ministre de l'Economie a également souhaité, sur i>Télé, que ce soit une initiative européenne. "La France ne sera pas isolée", a assuré François Baroin, qui évoquera le sujet jeudi soir à Berlin avec son homologue allemand, Wolfgang Schäuble.

Quelques heures plus tard, il déclarait cependant devant les députés : "La France sera le premier pays, cette année, à mettre en oeuvre cette taxe sur les transactions financières."

Selon François Baroin, cette mesure pourrait être votée dès février dans le cadre d'une loi de finances rectificative.   Suite...