Berlin trouve des investisseurs prêts à payer pour lui prêter

lundi 9 janvier 2012 16h03
 

par Sarah Marsh

BERLIN (Reuters) - Des investisseurs ont accepté lundi de payer pour prêter à l'Etat allemand un montant total de 3,9 milliards d'euros à une échéance de six mois, conséquence du mouvement de "fuite vers la qualité" en pleine crise de la dette dans la zone euro.

Depuis plusieurs mois déjà, alors que les rendements obligataires des pays 'périphériques' de la zone battent record sur record, ceux des emprunts d'Etat allemands sont tombés à des niveaux historiquement bas.

Lundi, ils sont devenus négatifs pour la première fois lors d'une adjudication ordinaire, pour ressortir à -0,0122%, contre +0,001% lors d'une opération similaire le mois dernier.

"En ces temps incertains, récupérer son investissement passe avant le retour sur investissement", a commenté Kornelius Purps, analyste d'UniCredit.

"C'est complètement lié au fait que, dans un climat potentiellement dangereux, on met ses liquidités à l'abri en Allemagne, qui passe pour l'endroit le plus sûr où placer sa trésorerie au sein de la zone euro en ce moment", a renchéri Padhraic Garvey, stratégiste d'ING à Amsterdam.

"C'est symptomatique du climat actuel où le papier à deux ans se traite tout près de 0,15%. Les bons se traitaient à des niveaux négatifs et aujourd'hui, pour la première fois, ils ont été émis négatifs lors d'une adjudication."

La demande lors de l'opération de lundi a été forte, atteignant 1,8 fois le montant offert, montrent les données publiées par la Bundesbank, la banque centrale allemande.

Le ratio de couverture (rapport entre la demande et l'offre) de l'opération de lundi est néanmoins nettement inférieur à celui de 3,8 enregistré en décembre.   Suite...

 
<p>Des investisseurs ont accept&eacute; lundi de pr&ecirc;ter &agrave; l'Etat allemand un montant total de 3,9 milliards d'euros &agrave; une &eacute;ch&eacute;ance de six mois &agrave; un taux n&eacute;gatif, donc de payer pour lui pr&ecirc;ter, cons&eacute;quence du mouvement de "fuite vers la qualit&eacute;" en pleine crise de la dette dans la zone euro. /Photo d'archives/REUTERS/John Kolesidis</p>