Le président de la Banque suisse reste fragilisé

vendredi 6 janvier 2012 18h10
 

par Katie Reid et Caroline Copley

ZURICH (Reuters) - L'Union démocratique du centre (UDC), principale formation politique de Suisse, a de nouveau réclamé vendredi la démission du président de la Banque nationale suisse (BNS), Philipp Hildebrand, ébranlé par un scandale de transactions sur les marchés des changes.

Philipp Hildebrand a exclu jeudi de démissionner, sans toutefois éteindre la crise née d'une initiative de son épouse, Kashya, qui a échangé en août 400.000 francs suisses en dollars trois semaines avant la fixation par la BNS d'une limite à la hausse du franc suisse.

"Si l'un de mes employés avait agi ainsi, il aurait été licencié. Si j'avais agi ainsi, je serais en prison (pour délit d'initié)", a dit Christoph Blocher, figure emblématique de l'UDC, lors d'une conférence de presse à Roschach, dans l'est de la Suisse.

L'UDC, formation de droite rejetée par le reste de l'échiquier politique, réclame en outre la constitution d'une commission d'enquête parlementaire.

"Il est contraire aux dispositions légales et proprement intolérable que des personnalités dirigeantes de la Banque nationale suisse et leur entourage familial privé fassent des affaires de devises", juge l'UDC dans un communiqué. "Philippe Hildebrand n'est donc plus acceptable comme président du directoire de la Banque nationale."

Cette initiative a peu de chances d'aboutir, la plupart des autres partis ayant été convaincus par les explications et les promesses de transparence formulées jeudi par le président de la BNS.

Ce dernier a reçu vendredi le soutien de la Banque Sarasin, dont un employé est à l'origine de fuites compromettantes au sujet des transactions de change effectuées par son épouse.

En revanche, les éditorialistes de la presse helvétique peinent à comprendre comment le président de la banque centrale, ancien dirigeant de fonds d'investissement âgé de 48 ans, a pu ignorer l'existence de cette transaction avant qu'elle ait lieu, comme il l'affirme.   Suite...