December 28, 2011 / 5:22 PM / 6 years ago

Accord russo-turc sur le gazoduc South Stream

4 MINUTES DE LECTURE

MOSCOU/ANKARA (Reuters) - La Russie a obtenu mercredi l'autorisation de construire sur le territoire turc une partie du gazoduc South Stream, s'assurant ainsi la pièce manquante à la construction d'un ouvrage qui permettra d'acheminer du pétrole russe de la Mer noire vers l'Europe.

Une fois construit, l'ouvrage aura la capacité de transporter dans un premier temps 63 milliards de mètres cubes de gaz chaque année à partir de 2015 et permettra à Moscou de concurrencer le gazoduc Nabucco promu par l'Union européenne, qui reliera l'Azerbaïdjan et l'Asie centrale à la partie occidentale de l'Europe.

South Stream contournera en outre l'Ukraine, pays avec lequel la Russie entretient des relations conflictuelles, en particulier sur la question du transit des sources d'énergie.

"Je voudrais remercier le gouvernement de la république turque pour sa décision d'autoriser la construction de l'oléoduc South Stream dans la zone économique de la Turquie", a déclaré le Premier ministre russe, Vladimir Poutine.

Gazprom détient 50% du projet, l'italien Eni 20%, tandis que le français EDF et l'allemand Wintershall, filiale de BASF, en ont chacun 15%.

Le géant gazier russe s'est également félicité de la conclusion de cet accord, exprimant sa gratitude à l'égard des autorités turques par la voix de son directeur général Alexeï Miller.

La question de l'acheminement des ressources énergétiques est de plus en plus sensible, les producteurs et les consommateurs cherchant de nouvelles routes qui permettraient d'éviter que les pays de transit n'utilisent l'arme énergétique comme instrument de pression diplomatique.

UN QUART DU GAZ CONSOMMÉ PAR L'UE PROVIENT DE RUSSIE

L'Ukraine et la Russie reprendront leurs discussions sur le gaz le 15 janvier, a déclaré lundi le groupe russe Gazprom, alors que les deux pays tentent d'éviter une nouvelle confrontation.

Les autorités des deux pays se sont engagées à assurer l'approvisionnement régulier de l'Union européenne, qui a été perturbé à plusieurs reprises en plein hiver ces dernières années par leurs contentieux à répétition sur les prix.

La Russie assure le quart des approvisionnements gaziers de l'UE et les discussions gazières entre Moscou et Kiev restent longues et ardues. L'Ukraine veut que la Russie revoie ses prix à la baisse. Moscou compte imposer à Kiev un prix de 416 dollars (318 euros environ) pour 1.000 m3 au premier trimestre 2012, l'équivalent de ce que paye l'UE.

Le prix est actuellement de l'ordre de 400 dollars/1.000 m3 et le président ukrainien, Victor Ianoukovitch, a dit la semaine dernière qu'il considérait 250 dollars comme le prix maximal acceptable.

Moscou ne veut pas céder, arguant que Kiev doit respecter les termes d'un contrat pluriannuel signé en 2009.

Avant l'inauguration en novembre de l'oléoduc Nord Stream, par lequel transite directement vers l'Allemagne, via la Baltique, du gaz extrait au rythme annuel de 27,5 milliards m3, l'Ukraine assurait le passage de 80% environ du gaz russe vers l'Europe.

Le reste transitait par la Biélorussie, qui a accepté en novembre de céder son opérateur de gazoducs Beltransgaz à Gazprom en échange d'une réduction du prix du gaz, à 164 dollars/1.000 m3 en moyenne en 2012.

Orhan Coskun et Daren Butler, Nicolas Delame pour le service français, édité par Marc Angrand

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