Remaniements et prémices d'une restructuration chez SocGen

jeudi 22 décembre 2011 16h21
 

par Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - La Société générale, qui a remanié mercredi soir la direction de sa banque de financement et d'investissement (BFI), s'apprête, selon les analystes et les syndicats, à restructurer en profondeur sa BFI à un moment où la banque s'efforce de rassurer les investisseurs sur sa solidité financière.

La SocGen, qui a vu sa capitalisation boursière s'effondrer de près de 60% cette année sur fond de crise de la zone euro, doit maintenant convaincre sur sa capacité à renforcer ses fonds propres dans la perspective des nouvelles règles du comité de Bâle et améliorer sa rentabilité.

Si les raisons précises du départ de Michel Péretié, le patron de la BFI, restent floues, l'arrivée de Didier Valet, le directeur financier de la banque, pour le remplacer fait dire aux analystes que la banque entend mettre l'accent sur la rentabilité et la chasse aux coûts.

"En général, quand on nomme le directeur financier patron d'une division, c'est qu'il faut serrer les boulons et mettre l'accent sur la rentabilité plus que sur le développement", commente un analyste financier basé à Paris sous couvert d'anonymat.

"Cela annonce de la restructuration", poursuit-il. "C'est un message qui est relativement clair."

"Comme la BFI est de plus en plus contrainte par le 'deleveraging' (réduction de bilan, NDLR) et par Bâle III, Michel Péretié n'a peut-être pas présenté un budget suffisamment crédible à cet égard", souligne un autre analyste basé à Londres qui n'a pas souhaité être nommé. "Didier Valet a de plus en plus de choses à dire sur le sujet."

Mi-septembre, la Société générale avait indiqué vouloir réduire de 5% ses coûts dans la BFI, céder des actifs et réduire la voilure dans ses activités de financement.

La banque devrait du coup détailler dans les prochaines semaines son plan d'action et en chiffrer les conséquences en termes de suppression de postes.   Suite...