La BCE a prêté aux banques beaucoup plus que prévu

mercredi 21 décembre 2011 18h09
 

FRANCFORT/PARIS (Reuters) - Les banques se sont refinancées à hauteur d'un montant impressionnant de 489 milliards d'euros mercredi, au terme de la toute première opération à trois ans lancée par la Banque centrale européenne (BCE).

Cette opération alimente l'espoir qu'un tarissement du crédit pourra être évité et que l'argent récolté servira à acheter de la dette italienne et espagnole, une hypothèse qui soulève parfois le scepticisme de certains analystes.

Le montant emprunté par 523 banques dépasse largement les 310 milliards d'euros anticipés par les traders interrogés par Reuters dans un enquête publiée quelques heures avant que la BCE n'annonce le résultat de cette opération.

C'est également l'injection maximale qu'ait effectuée la BCE dans le système bancaire, dépassant les 450 milliards d'euros servis en 2009 à l'occasion de sa première opération à un an.

L'opération d'apport de liquidité illimité s'est faite à un taux qui sera la moyenne du principal taux de refinancement de la BCE durant les trois années à venir. Ce taux d'intervention est actuellement au plus bas record de 1,0%, après la réduction annoncée au début du mois par la banque centrale de la zone euro.

Pour certaines banques, cela implique que leur refinancement pourrait être inférieur de plus de trois points à ce qui est pratiqué sur le marché. Elles pourront refinancer à trois ans des fonds empruntés il y a peu à la BCE et rembourser après tout juste une année si elles le souhaitent.

Les résultats de l'opération ont permis aux marchés boursiers d'accentuer momentanément leurs gains et amené l'euro à un pic d'une semaine contre le dollar.

"L'allocation d'aujourd'hui représente près d'une fois et demie le programme d'emprunts combiné de l'Espagne et de l'Italie en 2012", observe Martin Van Vliet, économiste senior d'ING.

"Nous doutons toutefois que cet argent serve en grande partie à financer des achats de dette périphérique, au vu des risques de valorisation au prix du marché et des risques éventuels pour la réputation".   Suite...