December 20, 2011 / 6:58 PM / 6 years ago

Projet a minima de coentreprise Safran-Thales dans l'optronique

6 MINUTES DE LECTURE

par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - Safran et Thales ont confirmé mardi un projet de création d'une coentreprise à parité dans l'optronique, bien en deçà du schéma d'échange d'actifs envisagé dans les discussions qu'ils ont menées depuis près de deux ans sous la pression de l'Etat, leur actionnaire commun.

Les deux équipementiers dans l'aérospatiale, la défense et la sécurité ont repris au printemps leurs discussions, interrompues à la mi-2010, l'Etat cherchant à réduire les doublons dans un secteur de la défense en pleine période de disette budgétaire.

L'accord signé mardi par Jean-Paul Herteman et Luc Vigneron, PDG respectifs de Safran et Thales, en présence du ministre de la Défense Gérard Longuet, reprend les grandes lignes dévoilées la semaine dernière à Reuters par plusieurs sources.

"Toutes les hypothèses ont été examinées, y compris les plus vastes et les plus ambitieuses. Et puis je me suis rendu compte qu'en temps de client, j'avais un problème immédiat à régler", a dit Gérard Longuet lors d'un point presse. "A tout prendre, j'ai une réponse immédiate sur des sujets parfaitement identifiés".

Safran et Thales allient ainsi leurs activités dans l'optronique, technologie mêlant électronique et optique, dont leur chiffre d'affaires annuel combiné dépasse 1,2 milliard d'euros dans une coentreprise à purement but technique et commercial.

Les deux groupes ont préféré conserver leurs usines, la perspective d'un échange d'actifs et ses éventuelles conséquences sur l'emploi ayant suscité un mouvement de grogne au sein des salariés de Safran, particulièrement malvenu à quelques mois de l'élection présidentielle.

Jean-Paul Herteman a confirmé que la coentreprise se rapprocherait du modèle de CFM International. Cette JV à 50/50 entre Safran et General Electric produit les moteurs CFM56 et Leap qui équipent bon nombre d'avions d'Airbus et Boeing.

"C'est pragmatique. Il fallait avancer et (...) s'adresser à l'essentiel. On n'est pas dans une logique d'urgence de restructuration industrielle", a-t-il dit.

Luc Vigneron a de son côté mis en avant le renforcement des deux groupes à l'exportation.

"Il est important, dans un contexte de concurrence exacerbée que l'équipe de France puisse chaque fois que possible présenter un front uni", a-t-il dit.

Les deux groupes précisent que cette coentreprise concernera les futurs systèmes français de défense, comme l'avion de patrouille maritime Atlantique 2. Elle couvrira également le futur drone franco-britannique Male (Moyenne altitude longue endurance) pour lequel Dassault Aviation, premier actionnaire industriel de Thales avec 26% du capital, a proposé le projet Telemos.

Les deux groupes disent aussi vouloir renforcer leur filiale de détecteurs à infrarouge Sofradir, dont ils possèdent 40% chacun.

Des sources industrielles ont déclaré à Reuters que Safran et Thales espéraient racheter conjointement les 20% détenus par le spécialiste du nucléaire Areva, dont la stratégie est de céder ses actifs non performants.

L'Etat français détient 30,2% de Safran et 27% de Thales, tandis qu'Areva détient 1,8% de Safran.

Timide Amorce De Consolidation Du Secteur

L'annonce de mardi est toutefois très loin du périmètre discuté depuis de longs mois entre Safran et Thales qui comprenait également la navigation inertielle, qui permet à un avion de se guider automatiquement, et la génération électrique, c'est-à-dire l'alimentation en énergie des avions.

Lors du salon aéronautique du Bourget en juin, Nicolas Sarkozy a appelé à la fin des "guéguerres franco-françaises" dans le secteur, indiquant que l'Etat interviendrait si nécessaire pour y mettre fin.

Mais les négociations avaient semblé s'enliser à nouveau. que Charles Edelstenne, patron de Dassault Aviation, actionnaire de Thales, avait accusé cet été Safran d'intransigeance.

"Je vous rappelle qu'il y a des actionnaires communs et des actionnaires qui ne sont pas communs. C'est aux actionnaires (...) qu'il appartiendra de prendre des réponses structurantes", a lancé mardi Gérard Longuet.

Thales a annoncé de son côté jeudi dernier une montée à 35% dans le constructeur naval DCNS et un projet d'entrée au capital du groupe public d'armement terrestre Nexter en échange de l'apport de sa division de munitions, entamant déjà un premier pas vers une nouvelle consolidation du secteur français de la défense.

Safran et Thales, qui a annoncé chacun annoncé jeudi dernier un acompte sur dividende au titre de 2011, ont clôturé sur des hausses respectives de 3,37% et de 4,76% mardi dans un contexte marqué par un rebond général sur les marchés bousiers.

Edité par Nicolas Delame

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