Projet a minima de coentreprise Safran-Thales dans l'optronique

mardi 20 décembre 2011 22h18
 

par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - Safran et Thales ont confirmé mardi un projet de création d'une coentreprise à parité dans l'optronique, bien en deçà du schéma d'échange d'actifs envisagé dans les discussions qu'ils ont menées depuis près de deux ans sous la pression de l'Etat, leur actionnaire commun.

Les deux équipementiers dans l'aérospatiale, la défense et la sécurité ont repris au printemps leurs discussions, interrompues à la mi-2010, l'Etat cherchant à réduire les doublons dans un secteur de la défense en pleine période de disette budgétaire.

L'accord signé mardi par Jean-Paul Herteman et Luc Vigneron, PDG respectifs de Safran et Thales, en présence du ministre de la Défense Gérard Longuet, reprend les grandes lignes dévoilées la semaine dernière à Reuters par plusieurs sources.

"Toutes les hypothèses ont été examinées, y compris les plus vastes et les plus ambitieuses. Et puis je me suis rendu compte qu'en temps de client, j'avais un problème immédiat à régler", a dit Gérard Longuet lors d'un point presse. "A tout prendre, j'ai une réponse immédiate sur des sujets parfaitement identifiés".

Safran et Thales allient ainsi leurs activités dans l'optronique, technologie mêlant électronique et optique, dont leur chiffre d'affaires annuel combiné dépasse 1,2 milliard d'euros dans une coentreprise à purement but technique et commercial.

Les deux groupes ont préféré conserver leurs usines, la perspective d'un échange d'actifs et ses éventuelles conséquences sur l'emploi ayant suscité un mouvement de grogne au sein des salariés de Safran, particulièrement malvenu à quelques mois de l'élection présidentielle.

Jean-Paul Herteman a confirmé que la coentreprise se rapprocherait du modèle de CFM International. Cette JV à 50/50 entre Safran et General Electric produit les moteurs CFM56 et Leap qui équipent bon nombre d'avions d'Airbus et Boeing.

"C'est pragmatique. Il fallait avancer et (...) s'adresser à l'essentiel. On n'est pas dans une logique d'urgence de restructuration industrielle", a-t-il dit.   Suite...