2011: la zone euro de sommets en crises

mardi 20 décembre 2011 14h14
 

par Bertrand Boucey

PARIS (Reuters) - Comme un navire menacé de naufrage, la zone euro voit apparaître en 2011 une nouvelle voie d'eau sitôt qu'une brèche lui semble colmatée.

Elle multiplie sommets et rencontres bilatérales censés apporter une réponse globale aux doutes des investisseurs sur la viabilité de la monnaie unique. Rien n'y fait. Alimentée par le poids de la dette de certains des 17 Etats de la zone, la crise gagne les pays les uns après les autres, même l'Allemagne, érigée en modèle de rigueur, se retrouvant surveillée par les agences de notation.

Cinq gouvernements tombent, victimes de leur incapacité à s'attirer les faveurs des "marchés" sans s'aliéner des citoyens exaspérés par leur politique de rigueur. Leur disgrâce prend parfois des allures de psychodrame, comme lorsque le Premier ministre grec George Papandréou est convoqué de toute urgence au sommet du G20 à Cannes, où, sous le regard incrédule des Etats-Unis et des puissances émergentes, il se fait réprimander par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel en raison de son projet de référendum.

Dans certains pays, la colère sociale se transforme en mouvement structuré, comme celui des "indignés" espagnols, qui essaime jusqu'aux Etats-Unis.

Pourtant, les dirigeants européens renoncent, au moins dans les faits, à nombre de leurs tabous quant au fonctionnement des institutions. Mais la recherche de solutions favorise la résurgence d'animosités enfouies, la position dominante de l'Allemagne lui attirant nombre de critiques.

Quant à la Grande-Bretagne, elle marque une fois encore ses distances face à la volonté d'intégration exprimée par tous les autres pays lors du sommet des 8 et 9 décembre à Bruxelles.

LE PORTUGAL APPELLE À L'AIDE

"L'année 2011 doit être l'année de la confiance retrouvée dans l'euro", déclare la chancelière allemande Angela Merkel le 4 février, lors d'un sommet de l'Union européenne (UE).   Suite...