Mario Draghi dit que la pression des marchés sera forte en 2012

lundi 19 décembre 2011 20h10
 

par Robin Emmott

BRUXELLES (Reuters) - La pression des marchés obligataires sur la zone euro sera "très importante" au premier trimestre de l'an prochain, a déclaré lundi le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi.

Il a souligné qu'au cours des trois premiers mois de 2012, quelque 230 milliards d'euros d'obligations bancaires arrivaient à échéance, de même que 250 à 300 milliards d'euros d'obligations souveraines et plus de 200 milliards d'euros d'obligations à collatéral.

"Par conséquent la pression que connaîtront les marchés obligataires sera vraiment très, très importante, si ce n'est sans précédent", a-t-il expliqué lors d'une intervention devant la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen, ajoutant que les banques avaient aussi d'autres problèmes, comme le manque de fonds propres.

Symbole de ces tensions à venir, l'Italie, troisième économie de la zone euro, doit refinancer environ 150 milliards d'euros de dette arrivant à échéance entre février et avril l'an prochain.

Le nouveau patron de la BCE a par ailleurs estimé que si la France perdait sa notation "triple A", d'autres pays perdraient la leur.

Mario Draghi n'a donné aucun indice laissant penser que la banque centrale pourrait modifier sa position sur son programme de rachats d'obligations, même si l'institution de Francfort doit tenir mercredi une opération de refinancement inédite avec des prêts illimités à trois ans destinés à apaiser les tensions sur le marché interbancaire.

"Le traité européen spécifie très précisément quelles sont nos attributions, à savoir assurer la stabilité des prix à moyen terme. Le traité interdit également le financement (des déficits) par la politique monétaire et (...) nous voulons agir dans le cadre du traité", a-t-il fait valoir.

"Nous savons que les banques subissent actuellement une contrainte très importante sur leur financement et qu'elles vont encore plus la subir à l'avenir, en particulier au premier trimestre 2012."   Suite...