Le gouvernement prépare la France à la perte de sa note AAA

mercredi 14 décembre 2011 18h23
 

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français semble désormais préparer les esprits à la perte de la note "triple A" de la dette souveraine du pays en multipliant les annonces visant à minimiser l'importance d'une hypothèse naguère présentée comme catastrophique.

Après Nicolas Sarkozy en début de semaine, c'est au tour du ministre des Affaires étrangères Alain Juppé d'envisager la dégradation de la signature française qui permet à Paris d'emprunter à des taux avantageux sur les marchés financiers.

"Ce ne serait pas une bonne nouvelle, bien sûr, mais ce ne serait pas non plus un cataclysme", dit Alain Juppé dans un entretien publié sur le site des Echos (www.lesechos.fr).

"Ce n'est pas en cassant le thermomètre qu'on fait retomber la fièvre", ajoute-t-il avant de critiquer la subjectivité des agences de notation.

"Elles sont parfois dans l'appréciation subjective et politique. Sans doute faut-il aussi leur accorder moins d'importance dans le débat politique", estime-t-il.

L'agence Standard & Poor's a placé sous surveillance négative les pays de la zone euro et envisage d'abaisser de deux crans le AAA de la France. Moody's menace de faire de même et les valeurs bancaires réagissent mal à cette éventualité.

Si la France perdait son triple A, "nous affronterions cette situation avec sang-froid et calme", déclarait Nicolas Sarkozy lundi dans Le Monde. A ses yeux, "ce serait une difficulté de plus mais pas insurmontable".

Le mois dernier, l'ancien conseiller du président socialiste François Mitterrand et ex-président de la Banque européenne de Développement (BERD) Jacques Attali, avait estimé que la France avait déjà perdu de facto sa note triple A compte tenu du grand écart entre les taux d'emprunt d'Etat consentis à la France et ceux, plus favorables, accordés à l'Allemagne.

Des propos alors jugés "irresponsables" par Valérie Pécresse.   Suite...