La Caisse des dépôts appelée à la prudence après Groupama

mercredi 14 décembre 2011 14h29
 

par Julien Ponthus et Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - La Caisse des dépôts (CDC), qui vient de se porter au secours de l'assureur mutualiste Groupama, est désormais appelée à la prudence, certains responsables craignant qu'elle ne puisse indéfiniment continuer d'agir comme le "pompier volant" de l'économie française.

Avec la crise, le bras armé financier de l'Etat est devenu un instrument central de la politique économique de la France.

Qu'il s'agisse du sauvetage de Dexia, de la création du Fonds stratégique d'investissement (FSI), de la recapitalisation de La Poste, de sa participation au plan de relance, des prêts aux PME avec Oséo, ou encore du financement des collectivités locales, la CDC est sur tous les fronts.

Avec le renflouement de Groupama, l'inventaire "à la Prévert" de ses interventions commence à inquiéter.

"Elle (la CDC) peut aujourd'hui s'interroger sur les marges qui lui restent. C'est la question qu'elle doit se poser", a confié à Reuters Nicole Bricq, sénatrice du Parti socialiste et membre de la commission de surveillance de la CDC.

"Pour l'instant, la Caisse n'a pas fait d'erreurs, son modèle prudentiel tient bon", poursuit l'élue de Seine-et-Marne, pour qui "les investissements faits dans La Poste, dans Transdev, dans Groupama, ce sont plutôt de bonnes opérations".

Banquiers et avocats d'affaires parisiens commencent aussi à se demander combien de temps la CDC pourra continuer à agir sur tous les fronts.

"Je vois un risque parce que même si la Caisse des dépôts a beaucoup de ressources, il y a une limite à la dette qu'elle peut lever", juge un avocat spécialiste des fusions-acquisitions.   Suite...

 
<p>Augustin de Romanet, directeur g&eacute;n&eacute;ral de la Caisse des d&eacute;p&ocirc;ts. La Caisse des d&eacute;p&ocirc;ts (CDC), qui vient de se porter au secours de l'assureur mutualiste Groupama, est d&eacute;sormais appel&eacute;e &agrave; la prudence, certains responsables craignant qu'elle ne puisse ind&eacute;finiment continuer d'agir comme le "pompier volant" de l'&eacute;conomie fran&ccedil;aise. /Photo prise le 2 septembre 2011/REUTERS/Charles Platiau</p>