Les effets d'une perte du AAA liés à l'ampleur de la dégradation

mardi 13 décembre 2011 16h43
 

par Raoul Sachs

PARIS (Reuters) - Les marchés de capitaux anticipent d'ores-et-déjà une dégradation par Standard & Poor's de la note de crédit de la France sous AAA mais ses conséquences restent incertaines et dépendront de son ampleur, estiment des professionnels.

Ciaran O'Hagan, stratégiste taux chez Société générale, a dit s'attendre à ce que la note de la France soit abaissée d'un cran avec perspective négative, et que celle des cinq autres AAA soit confirmée avec maintien d'une perspective négative.

La semaine dernière l'agence de notation a mis sous surveillance négative les notes de 15 pays de la zone euro, dont les six notés AAA, et indiqué qu'elle pourrait être amenée à les dégrader rapidement si le Sommet européen tenu les 8 et 9 décembre n'apportait pas de solution à la crise de la dette souveraine susceptible de rétablir la confiance.

Pour la France, elle a indiqué que cette dégradation pourrait être de deux crans alors que les autres AAA (Allemagne, Autriche, Pays-Bas, Finlande, Luxembourg) sont menacés d'être abaissés d'un cran.

"Une dégradation de deux crans serait le début d'une grosse mésaventure et pourrait ouvrir une boîte de Pandore", dit un analyste d'une grande banque qui a requis l'anonymat.

Outre les entités garanties par l'Etat, la dégradation pourrait, selon lui, avoir des effets sur l'ensemble de l'économie française tant que le gouvernement ne prendra des mesures plus résolues de réduction des déficits publics.

"Cela risque d'affaiblir tout le tissu financier du pays", souligne-t-il en ajoutant que la France pourrait être exposée en 2012 à un surcoût sensible de son financement.

Nicolas Forest, responsable de la stratégie taux chez Dexia Asset management, estime que même si une dégradation est anticipée, c'est difficile d'en prévoir les conséquences tant qu'on ne connaît pas la décision définitive.   Suite...

 
<p>LES NOTES SOUVERAINES</p>