La zone euro se refonde avec un nouveau traité

vendredi 9 décembre 2011 18h55
 

par Julien Toyer et Yann Le Guernigou

BRUXELLES (Reuters) - Les pays de la zone euro ont entamé vendredi une vaste refondation qui, après signature d'un nouveau traité auquel seule la Grande-Bretagne a décidé de ne pas s'associer, doit les porter rapidement vers une plus grande intégration économique et budgétaire.

Au terme de leur seizième sommet depuis le début de la crise de la dette fin 2009 et après plus de 10 heures d'intenses tractations, ils se sont entendus sur ce nouveau "pacte", qui repose notamment sur un contrôle plus strict des budgets nationaux et sur une réforme limitée du futur Mécanisme européen de stabilité (MES), qui sera désormais épaulé par la BCE.

L'accord a dopé les Bourses de la zone euro qui ont clôturé en forte hausse. Il n'est toutefois pas certain qu'il parvienne à convaincre totalement les marchés financiers que les Européens seront cette fois à même d'enrayer la crise alors que la mise en oeuvre de ces décisions pourrait prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

"C'est un sommet qui fera date", a déclaré le président Nicolas Sarkozy lors d'une conférence de presse, au petit matin.

"Nous aurions préféré une réforme des traités à 27, cela n'a pas été possible compte tenu de la position de nos amis britanniques (...) Ce sera donc un traité intergouvernemental à 17, ouvert à ceux qui voudront le rejoindre."

La Grande-Bretagne a d'ores et déjà annoncé ne pas vouloir signer ce traité. Après quelques hésitations initiales, les neuf autres Etats membres de l'UE n'utilisant pas l'euro ont quant à eux décidé de s'y associer, même si certains doivent encore consulter leur parlement.

Le Premier ministre britannique David Cameron a dit que Londres avait un intérêt objectif à rester dans l'UE, appartenance qu'il défendrait tant que cet intérêt demeurerait.

Selon les conclusions du sommet, les institutions actuelles de l'UE pourront être utilisées dans ce nouveau traité, qui sera rédigé d'ici mars mais ne devra pas obligatoirement faire l'objet d'un référendum dans les pays qui le signeront et sera intégré le plus rapidement possible au cadre communautaire.   Suite...

 
<p>Le pr&eacute;sident du Conseil europ&eacute;en Herman Van Rompuy (&agrave; droite) et le pr&eacute;sident de la Commission europ&eacute;enne Jos&eacute; Manuel Barroso, au sommet europ&eacute;en de Bruxelles. Les pays de la zone euro ont entam&eacute; vendredi une vaste refondation qui, apr&egrave;s signature d'un nouveau trait&eacute; auquel seule la Grande-Bretagne a d&eacute;cid&eacute; de ne pas s'associer, doit les porter vers une plus grande int&eacute;gration &eacute;conomique et budg&eacute;taire. /Photo prise le 9 d&eacute;cembre 2011/REUTERS</p>