8 décembre 2011 / 20:45 / il y a 6 ans

Paris retarderait la réorganisation de la direction d'EADS

<p>Tom Enders, l'actuel patron d'Airbus, favori pour succ&eacute;der &agrave; Louis Gallois &agrave; la pr&eacute;sidence ex&eacute;cutive du groupe d'a&eacute;rospatiale et de d&eacute;fense (EADS). Selon des sources proches du dossier, le conseil d'administration d'EADS s'est termin&eacute; jeudi sans aucune d&eacute;cision d&eacute;finitive sur la r&eacute;organisation de la direction du groupe pr&eacute;vue pour la mi-2012, Paris demandant plus de temps pour r&eacute;gler un dossier diplomatiquement sensible. /Photo prise le 17 janvier 2011/Jean-Philippe Arles</p>

PARIS (Reuters) - Le conseil d'administration d'EADS s'est terminé jeudi sans aucune décision définitive sur la réorganisation de la direction du groupe prévue pour la mi-2012, Paris demandant plus de temps pour régler un dossier diplomatiquement sensible, a-t-on appris jeudi de sources proches du dossier.

Plusieurs médias avaient anticipé une décision dès ce jeudi sur cette réorganisation, qui devrait notamment voir Tom Enders, l'actuel patron d'Airbus, succéder à Louis Gallois à la présidence exécutive du groupe d'aérospatiale et de défense.

"Le gouvernement français veut plus d'informations sur l'évolution du processus", a déclaré l'une des sources.

Un analyste au fait des décisions franco-allemandes concernant EADS a dit que Paris avait, de manière inattendue, bloqué le processus.

"Le gouvernement français ne pense pas que le moment est opportun", a dit cet analyste, sous couvert d'anonymat.

Personne n'était immédiatement disponible pour commenter ces informations au ministère français de l'Economie.

Le prochain conseil d'administration est programmé pour janvier.

Le principe du jeu de "chaises musicales" au sein de la direction, censé être soumis aux actionnaires à l'assemblée générale du 31 mai 2012, n'est pas remis en question.

Conformément à l'accord conclu entre Paris et Berlin en 2007 pour apaiser les relations entre les deux pays au sein d'EADS, l'Allemand Tom Enders devrait céder la présidence exécutive d'Airbus à un Français, Fabrice Brégier, l'actuel n°2 de l'avionneur.

La bonne entente franco-allemande est cruciale au moment où les deux pays luttent ensemble pour sauver la zone euro au sein d'un sommet dit de la dernière chance.

L'Etat français détient 15% d'EADS et Lagardère 7,5%. Côté allemand, le constructeur automobile Daimler a conclu en novembre un accord avec l'Etat allemand pour ramener sa participation de 15% à 7,5% en la revendant à la banque publique KfW, tandis qu'un consortium de banques allemandes détient déjà 7,5%.

Les droits de vote sont également répartis entre les deux pays, à hauteur de 22,5% pour chacun.

Toujours dans l'esprit de l'équilibre franco-allemand qui prévaut au sein du groupe, Arnaud Lagardère, gérant commandité de Lagardère, devrait succéder en 2012 à Bodo Übber, le directeur financier de Daimler, à la présidence du conseil d'administration.

EADS étudie des solutions pour continuer à se protéger d'OPA hostiles tout en permettant à ses actionnaires industriels de réduire leurs participations.

Tim Hepher et Cyril Altmeyer, édité par Marc Angrand

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