Le masculin, nouvelle terre de conquête des acteurs du luxe

mercredi 7 décembre 2011 12h36
 

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Il n'y a pas si longtemps, la sacoche n'était guère l'apanage des élégants. Aujourd'hui, les grands acteurs du luxe se mettent en ordre de bataille pour conquérir le marché masculin, segment le plus porteur du secteur, et prendre leur part d'une demande asiatique explosive.

Alors que les montres et autres chronographes sont longtemps restés les principaux emblèmes du luxe masculin, les industriels veulent aujourd'hui capter le nouvel appétit d'une clientèle devenue sensible à la coupe d'un costume, à la finition d'un sac ou à la patine d'un soulier.

Le luxe masculin, qui représente 40% d'un marché mondial estimé à environ 180 milliards d'euros, affiche depuis 2009, selon les estimations de Bain & Co, un taux de croissance annuel moyen de 14%, près du double de celui du luxe féminin (+8%).

"Le marché des biens personnels (hors voitures ou voyages) reste sous-développé par rapport à celui de la femme. Il y a donc un rattrapage, avec un potentiel de croissance très, très important, dans toutes les catégories de produits", commente Jean-Marc Bellaïche, associé du Boston Consulting Group.

Les grands noms du secteur que sont LVMH (Louis Vuitton, Céline, Bulgari) et PPR (Gucci, Yves Saint Laurent, Bottega Veneta) ne s'y sont pas trompés, le premier affichant ses ambitions pour le chausseur Berluti, le second pour le tailleur Brioni qu'il vient de racheter.

Tancrède de Lalun, directeur des marchés homme et femme du Printemps, anticipe quant à lui une "explosion" du marché, "parce que l'appétence est extrêmement forte et que les consommateurs masculins n'ont aucune limite".

Ayant pris la mesure du mouvement, le grand magasin parisien, repositionné sur le haut de gamme, vient tout juste d'ouvrir un espace dédié aux accessoires de luxe pour hommes, centré sur la maroquinerie et les chaussures.

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