Berlin pourrait lâcher du lest sur la place du privé dans le MES

dimanche 4 décembre 2011 21h04
 

par Julien Toyer et Andreas Rinke

BRUXELLES (Reuters) - L'Allemagne pourrait assouplir sa position sur la participation du secteur privé au sauvetage financier d'un pays si elle obtient gain de cause sur un contrôle beaucoup plus étroit des budgets nationaux, a-t-on appris dimanche auprès de quatre sources au fait des discussions entre Berlin et Paris sur une nouvelle architecture de la zone euro.

Selon ces sources, la participation du secteur privé ne disparaîtrait pas totalement du mécanisme européen de stabilité (MES) mais le langage utilisé serait aligné sur les principes et pratiques du Fonds monétaire international, ce qui pourrait restaurer la confiance des investisseurs dans la zone euro et aider des pays comme l'Italie a traverser l'orage actuel.

La chancelière Angela Merkel se rend lundi à Paris, à quatre jours d'un sommet européen jugé décisif pour la monnaie unique, pour y rencontrer Nicolas Sarkozy et tenter de s'accorder sur les grandes lignes d'une union budgétaire renforcée, dont ce point est l'un des éléments clés.

Au printemps, les Vingt-sept étaient tombés d'accord pour introduire dans le cadre du MES, qui remplacera à partir du 1er juillet 2013 le Fonds européen de stabilité financière (FESF), des clauses permettant une implication graduelle des créanciers privés d'un pays si celui-ci devait être secouru financièrement.

Mais plusieurs sources de haut rang avaient indiqué la semaine dernière que ces principes, dont l'introduction de clauses d'action collectives (CAC) permettant de faciliter une restructuration financière en forçant les créanciers récalcitrants à se ranger au souhait d'une partie d'entre eux, étaient en cours de révision.

"Ils (Berlin et Paris, ndlr) discutent des CAC et de la participation du secteur privé en tant que tel", a dit l'une des sources. "C'est l'un des éléments en considération. Nous nous attendons à ce que les Allemands bougent".

Trois autres sources ont confirmé que les autorités allemandes avaient indiqué au cours des échanges des derniers jours entre capitales être disposées à adoucir leur position si les Etats membres de l'UE acceptaient les propositions allemandes de contrôler les budgets nationaux de manière beaucoup plus étroite.

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