2 décembre 2011 / 16:39 / il y a 6 ans

Baisse du stress sur les marchés de taux en ce début décembre

par Raoul Sachs

PARIS (Reuters) - Les marchés de taux ont entamé le mois de décembre dans une ambiance momentanément apaisée après plusieurs mois de stress et de forte aversion au risque directement liés aux difficultés des dirigeants politiques européens à esquisser une solution crédible à la crise de la dette souveraine en zone euro.

Les gouvernements européens, qui se réunissent en sommet vendredi prochain, et la Banque centrale européenne, qui tiendra son conseil des gouverneurs jeudi, auront une nouvelle chance de se mettre d'accord d'ici la fin de l'année sur un plan de règlement et de conforter les nouveaux espoirs des marchés financiers qui ont besoin d'une feuille de route.

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel se retrouveront à Paris lundi pour tenter de s'entendre sur les grandes lignes d'un accord qui sera ensuite élargi au reste de leurs partenaires européens en fin de semaine.

S'il y a accord, il devrait se traduire par une intégration budgétaire plus grande, autrement dit un abandon de souveraineté fiscale. La BCE, de son côté, prendrait des mesures d'aide plus massive aux pays en difficulté.

Sur les marchés, les anticipations d'une nouvelle baisse des taux directeurs de la BCE jeudi prennent corps, de même que celles d'une monétisation des dettes des pays en difficulté, c'est-à-dire par des rachats qui ne seraient pas stérilisés par des retraits de liquidités.

La liquidité du système financier a été au coeur des préoccupations des banques centrales, qui ont annoncé une action concertée pour assurer la liquidité des banques occidentales.

Des professionnels prêtent l'intention à la BCE d'étendre ses opérations de financement illimité des banques au-delà de la maturité d'un an.

DÉCRISPATION

"La liquidité (pour les marchés) a ceci de comparable au sang dans l'organisme humain : si la circulation s'arrête, les centres vitaux sont paralysés et la mort survient", explique Philippe Delienne, président de Convictions Asset Management.

L'action des banques centrales et les attentes entourant le sommet européen ont décrispé les marchés et desserré la pression autour des pays 'périphériques' et de ceux qui, malgré leur note "AAA" comme la France, ont souffert de l'entrée de l'Italie, troisième économie de l'Euroland, dans la zone des tempêtes.

L'écart de rendement entre l'emprunt d'Etat français (OAT) à 10 ans et le Bund allemand de même maturité s'est resserré autour de 100 points de base après avoir touché un sommet de 205 pdb il y a dix jours.

Le taux italien à 10 ans, qui avait grimpé au-dessus de 7% le 25 novembre, est retombé à 6,6% vendredi, et le deux ans est tombé de 7,7% à 6,1% au cours de la même période.

"Nous préférons conserver des positions acheteuses sur les souverains offrant des rendements plus élevés (que les Bunds, NDLR) pour la seule période des fêtes de fin d'année qui verra le flot des mauvaises nouvelles se tarir", écrivent les stratégistes taux de Société générale.

Les obligations d'entreprises non financières, classe d'actifs recherchée cette année, ont également souffert de la crise de la dette, moins toutefois que les actions.

La performance du crédit corporate hors financières mesurée par l'indice IBoxx euro corporates a baissé de 1,6% en novembre, mais a surperformé les financières dont l'indice IBoxx Euro finances a perdu 4,7%.

Parallèlement, le CAC 40 a perdu 2,72% et l'EuroStoxx 50 2,99%.

Edité par Dominique Rodriguez

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