L'Eurogroupe planche sur le FESF, la crise s'aggrave

mardi 29 novembre 2011 15h19
 

par Julien Toyer

BRUXELLES (Reuters) - La réforme du Fonds européen de stabilité financière et l'aide de huit milliards d'euros à la Grèce devraient être entérinés mardi soir par les ministres des Finances de la zone euro.

L'Eurogroupe se réunit alors que la crise qui frappe la monnaie unique depuis deux ans ne faiblit pas et menace de faire dérailler l'économie mondiale.

L'Italie a dû concéder dans la matinée des rendements de près de 8% pour placer des obligations à trois ans et de 7,5% pour du papier à 10 ans, en très nette hausse par rapport à octobre.

Ces coûts, similaires à ceux qui avaient déclenché les plans d'aide internationale à la Grèce, à l'Irlande et au Portugal, sont jugés insoutenables au-delà de quelques semaines, d'autant que Rome devra refinancer pas moins de 150 milliards d'euros de dette entre février et avril prochains.

Alors que la possibilité d'une demande d'aide de l'Italie au Fonds monétaire international a été vivement démentie mardi, le nouveau président du Conseil Mario Monti, qui est aussi ministre des Finances, doit présenter à ses pairs son plan de réformes visant à parvenir à l'équilibre budgétaire en 2013.

Selon le journal italien La Repubblica, le commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn a indiqué aux autorités italiennes que quelque 11 milliards d'euros d'économies devraient être trouvées pour remplir cet objectif.

La Grèce reste elle aussi sous pression, même si une bouffée d'oxygène devrait lui être apportée avec le versement d'une tranche d'aide de huit milliards d'euros, le chef de file du Parti conservateur grec ayant finalement accepté d'adresser au FMI et aux autorités européennes une lettre dans laquelle il s'engage à soutenir les conditions du plan d'aide destiné à éviter la faillite de la Grèce.

Mardi matin, c'est la France qui a été placée sous le feu des projecteurs, les marchés réagissant négativement à un article du quotidien La Tribune selon lequel l'agence de notation Standard & Poor's pourrait placer sous peu le triple A de la France sous perspective négative.   Suite...