La crise de la zone euro, double peine pour Lafarge

lundi 28 novembre 2011 10h42
 

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Lafarge a annoncé coup sur coup ces derniers mois d'importantes cessions, des économies supplémentaires et une nouvelle organisation opérationnelle, mais les analystes doutent que ces décisions suffisent à éclipser en Bourse la double peine que la crise de la zone euro inflige au numéro un du ciment.

Depuis l'été, la crise de la dette grecque a sensiblement dégradé les perspectives économiques européennes et mondiales, et les fabricants de matériaux de construction en pâtissent. En ravivant également le spectre d'un "credit crunch", les turbulences actuelles touchent particulièrement les entreprises les plus endettées du secteur, Lafarge en tête.

Le titre a ainsi effacé plus de la moitié de sa valeur depuis le début de l'année, une baisse surtout sensible sur la deuxième partie de 2011 puisque l'action a inscrit son plus haut de l'année en mai. Vendredi, elle a clôturé à 23,43 euros, sous son point bas de 2009, lors de la dernière crise.

"Le groupe est pris dans une problématique macroéconomique à laquelle il ne peut pas grand chose", commente une analyste du secteur sous couvert d'anonymat.

"Pour améliorer son ratio dette nette/Ebitda, Lafarge fait du bon boulot en matière de désendettement, mais cela ne suffira pas si de l'autre côté, l'opérationnel - et donc l'Ebitda - se dégrade."

Lafarge a maintenu au début du mois son estimation d'une croissance de 2 à 5% sur les marchés où il est présent, la demande des pays émergents compensant l'atonie des marchés matures, mais s'est gardé jusqu'ici d'annoncer une tendance pour 2012.

Le bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement (Ebitda) du groupe a baissé au troisième trimestre de 6% à taux de change et périmètre constants, et de 9% à 2,42 milliards d'euros sur les neuf premiers mois de l'année. La dette, héritée en grande partie de l'acquisition en 2008 de l'égyptien Orascom, tournant fin septembre autour de 14,3 milliards, le ratio dette/Ebitda atteint 6.

LA DETTE BAISSE MOINS VITE QUE L'EBITDA   Suite...