Fitch évoque à son tour un risque pour la note AAA de la France

mercredi 23 novembre 2011 16h48
 

par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - Après Moody's et Standard and Poor's, la troisième grande agence de notation, Fitch, a estimé mercredi qu'une éventuelle aggravation de la crise dans la zone euro pourrait menacer la note "triple A" de la France.

Le rendement de la dette française à 10 ans qui n'avait quasiment pas bougé après la publication de cette note a ensuite progressé à environ 3,68% vers 16h45, l'écart de rendement avec l'Allemagne (le "spread") oscillant autour de 165 points de base. Il avait dépassé 200 points la semaine dernière pour la première fois depuis la création de l'euro.

"Selon le scénario central de Fitch, les chiffres des finances publiques françaises resteraient compatibles avec la conservation de sa note AAA", écrit l'agence de notation. Ce scénario se fonde sur l'hypothèse d'une croissance économique de 0,7% en 2012, le gouvernement prévoyant +1%.

Dans ce cas, la dette publique française culminerait à 91,7% du PIB en 2014, un niveau comparable aux prévisions pour les autres pays AAA et "conforme à la conservation par la France de son statut de AAA".

Mais, "selon un scénario adverse dans lequel la crise de la zone euro s'intensifierait, avec des conséquences négatives pour la croissance et la cristallisation d'engagements financiers substantiels liés à son exposition aux pays périphériques, la note AAA de la France serait en risque", poursuit l'agence en faisant référence aux engagements du pays auprès du fonds de soutien européen (FESF).

La dette brute du pays pourrait dans ce cas atteindre la limite haute de la fourchette que Fitch juge compatible avec une note AAA - à condition que ce niveau soit temporaire et baisse par la suite - soit 90 à 100% du PIB.

"Si la totalité des 158,5 milliards d'euros d'engagements de la France auprès du FESF était déboursée, sa dette publique brute atteindrait 98,2% du PIB en 2014, soit le haut de la fourchette compatible avec son statut de AAA", écrit Fitch.

"Cependant, sur la base de la dette nette et si les prêts au FESF étaient comptabilisés (avec une décote de 50%) comme des actifs liquides, la dette culminerait à un peu plus de 80% du PIB en 2014. Ceci tempèrerait la forte hausse de la dette brute du point de vue de Fitch, et cela serait pris en compte dans l'analyse de la qualité de crédit de la France."   Suite...