Moody's bride une aide publique éventuelle aux banques en France

mardi 18 octobre 2011 16h02
 

par Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - L'évaluation par Moody's de la perspective stable du "triple A" de la France illustre qu'à la différence de 2008, l'Etat français dispose actuellement d'une marge de manoeuvre étroite pour aider son système bancaire à se recapitaliser afin de surmonter la crise de la dette en zone euro.

Alors que les dirigeants européens travaillent à un plan de recapitalisation du secteur bancaire du Vieux continent, l'agence de notation indique en effet qu'une intervention publique dans le système bancaire français sera un des éléments qu'elle prendra en compte pour évaluer la perspective de la note de la France dans les trois mois qui viennent.

Dans cette perspective, un nouveau dispositif de recapitalisation publique des banques et de garanties d'Etat au refinancement, tel que celui mis en place à l'automne 2008, paraît, selon les analystes, difficilement envisageable, sauf à mettre en péril la note de la France qui participe déjà au nouveau sauvetage de la banque franco-belge Dexia.

Après la faillite de Lehman Brothers, le gouvernement avait mobilisé une enveloppe globale de 360 milliards d'euros dont 320 milliards d'aide à la liquidité via la Société de financement de l'économie française (SFEF) et 40 milliards pour le renforcement des fonds propres via la Société de prises de participation de l'Etat (SPPE).

"Le message de Moody's revient à dire que la France ne peut pas aider son secteur bancaire", commente Alex Koagne, analyste financier chez Natixis. "C'est une manière de dire : 'si vos banques doivent être recapitalisées, elles devront le faire sur les marchés'. C'est l'interprétation que j'en fais."

"Si on parle de renflouement des banques avec garanties de refinancement comme en 2008, là il y aura un problème de notation pour la France", prévient aussi Christophe Nijdam, analyste chez Alphavalue.

DÉGRADATION PAR RICOCHET

Pour rassurer les marchés sur la solidité du système bancaire européen, le gouvernement français demande en priorité aux banques de se recapitaliser par leurs propres moyens en mettant davantage de bénéfices en réserve ou en sollicitant des capitaux privés, une intervention publique n'étant pour le moment envisagée qu'en ultime recours.   Suite...

 
<p>L'&eacute;valuation par Moody's de la perspective stable du "triple A" de la France illustre qu'&agrave; la diff&eacute;rence de 2008, l'Etat fran&ccedil;ais dispose actuellement d'une marge de manoeuvre &eacute;troite pour aider son syst&egrave;me bancaire &agrave; se recapitaliser afin de surmonter la crise de la dette dans la zone euro. /Photo d'archives/REUTERS/Andrea Comas</p>