L'exception chinoise, clé des discussions au G20

vendredi 18 février 2011 17h06
 

par Toni Vorobyova et Gernot Heller

PARIS (Reuters) - La Chine a posé vendredi ses conditions à un éventuel accord au G20 sur la mesure des déséquilibres économiques mondiaux, principal objectif de la présidence française du Groupe, sans attendre les discussions officielles entre ministres et banquiers centraux.

La France, qui préside cette année l'instance regroupant 20 pays et 85% du produit intérieur but (PIB) mondial, espère annoncer samedi un accord au moins partiel sur une liste d'indicateurs permettant d'évaluer ces déséquilibres.

Le ministre canadien des Finances, Jim Flaherty, a évoqué un consensus sur deux critères, l'épargne et la dette privées d'une part, la dette et le déficit publics d'autre part, en expliquant que les négociations continuaient sur la suite de la liste.

Mais la Chine, régulièrement accusée d'entretenir la sous-évaluation de sa monnaie pour favoriser ses exportateurs, a affirmé vendredi son opposition à la prise en compte des taux de change et des réserves de change parmi ces indicateurs.

Son ministre des Finances, Xie Xuren, a également suggéré de remplacer le critère des comptes courants par celui de la balance commerciale.

Premier exportateur mondial, la République populaire a ravi l'an dernier au Japon le titre de deuxième puissance économique de la planète. Si elle s'emploie à réduire son énorme excédent commercial (plus de 130 milliards d'euros en 2010), elle dispose aussi des premières réserves de change mondiales, estimées à plus de 2.000 milliards d'euros.

"Nous pensons qu'il n'est pas approprié d'utiliser les taux de change réels et les réserves" comme indicateurs des déséquilibres, a dit Xie Xuren lors d'une rencontre avec ses homologues russe, brésilien et indien.

"Nous devons substituer la balance commerciale aux comptes courants", a-t-il ajouté.   Suite...

 
<p>Le vice-ministre chinois des Finances, Xie Xuren, s'est montré fermement opposé à la prise en compte des taux de change et des réserves de change parmi la liste d'indicateurs sur laquelle planche le G20 avant l'ouverture officielle de la réunion des ministres des Finances de ce groupe à Paris. Ses propos sonnent le glas des espoirs français de voir adoptée une liste d'indicateurs suffisamment ambitieuse pour remédier aux déséquilibres macroéconomiques mondiaux. /Photo d'archives/REUTERS/Ahn Young-joon/Pool</p>