17 décembre 2010 / 17:20 / dans 7 ans

Première augmentation des fusions et acquisitions depuis 2007

<p>Les fusions et acquisitions ont enregistr&eacute; cette ann&eacute;e en valeur leur premi&egrave;re hausse depuis 2007, un rebond qui pourrait augurer d'un nouveau cycle positif de plusieurs ann&eacute;es dans le sillage de march&eacute;s &eacute;mergents de plus en plus pr&eacute;sents. /Photo d'archives/REUTERS/Lee Jae-Won</p>

par Quentin Webb et Denny Thomas

LONDRES/HONG KONG (Reuters) - Les fusions et acquisitions ont enregistré cette année en valeur leur première hausse depuis 2007, un rebond qui pourrait augurer d‘un nouveau cycle positif de plusieurs années dans le sillage de marchés émergents de plus en plus présents.

Selon les données Thomson Reuters, les fusions-acquisitions (M&A) annoncées cette année ont représenté 2.250 milliards de dollars, soit 19% de plus qu‘en 2009. Les premières estimations font ressortir la part des pays émergents dans ces transactions à 17% et l’énergie a été le secteur le plus actif.

Dirigeants, investisseurs et analystes s‘accordent à dire que l‘année 2011 pourrait être plus dynamique encore.

Un marché obligataire peu cher, une liquidité record, la nécessité de stimuler une croissance économique encore moribonde et les réactions positives des marchés à de nombreuses opérations menées cette année sont autant de raisons de croire à une vague encore plus forte de M&A, disent-ils.

“Nous avons le sentiment que les volumes de M&A vont croître l‘année prochaine, qu‘il va sans doute y avoir plus d‘activité internationale que jamais et que la part de l‘Asie augmentera encore”, note Scott Malone, président de l‘activité M&A internationale chez Morgan Stanley.

Deutsche Bank, cinquième conseil le plus sollicité cette année pour les fusions-acquisitions, table aussi sur une accélération en 2011. Son directeur de l‘activité M&A, Henrik Alaksen, souligne que “le champ est très large, il n‘est pas confiné à seulement un ou deux secteurs”.

Selon une étude Thomson Reuters menée récemment auprès de hauts responsable, un consensus émerge sur un volume moyen de 3.000 milliards de dollars de fusions-acquisitions en 2011.

LA CRISE PÈSE SUR L‘EUROPE

Ce serait la deuxième meilleure année d‘un cycle de croissance des M&A. Ces cycles durent habituellement plusieurs années et les deux précédents pics remontent à 2000 et 2007.

Les banquiers voient dans la faiblesse des cours - si l‘on s‘en réfère au ratio qui met en relation le prix de l‘action et le bénéfice attendu pour l‘entreprise considérée (PER, price-to-earnings ratio) - et dans un coût de la dette obligataire encore moins élevé une possibilité de rentabilité accrue des M&A.

Un quatrième trimestre plus laborieux et l’échec de deux transactions concernant BHP Billiton, qui auraient abondé le total des M&A de 100 milliards de dollars, n‘ont pas douché l‘optimisme des analystes.

A quelques jours de la fin de l‘année, Goldman Sachs est numéro un du segment avec 513,1 milliards de dollars d‘opérations effectuées sous sa supervision. Morgan Stanley, qui avait dépassé son rival pour la première fois depuis 13 ans l‘année dernière, suit avec 499,5 milliards de dollars.

Les opérations impliquant les marchés émergents ont atteint, elles, un record de 378 milliards de dollars. Si l‘accélération mondiale est de 19%, la hausse est de 11% aux Etats-Unis et l‘activité des M&A en Europe s‘est accrue de 5%.

Pour Colin Banfield, les taux de change favorisent les entreprises de la région Asie-Pacifique qui, en outre, se montrent “plus ambitieuses”.

Les M&A, outre quelques rapprochements dans les télécoms et le rachat de Volvo par le chinois Geely, ont cependant eu pour but essentiel de sécuriser les technologies et les ressources dans les pays émergents.

“Cela devient vraiment chaud quand les gens décident qu‘ils veulent acheter et vraiment bâtir des sociétés multinationales, et nous n‘en sommes pas encore là”, observe Scott Malone.

L’énergie a été le secteur le plus porteur, avec 482 milliards de dollars de transactions - un bond de 40% - et les entreprises asiatiques y ont beaucoup contribué de par leur recherche de ressources pour les années à venir.

L‘Europe n‘a, elle, pas opéré le retour en force attendu sur fond de crise de la dette souveraine dans la zone euro, qui a pesé cette année. Elle risque encore de faire perdre du temps au Vieux Continent, les investisseurs n‘aimant rien moins que l‘incertitude, rappelle Philip Noblet de Merrill Lynch.

Avec Sarah White et Jessica Hall, Grégory Blachier pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below