Plus d'alliances dans l'automobile, mais sans débourser de cash
par Gilles Guillaume
PARIS (Reuters) - Si les primes à la casse ont sans doute permis de stabiliser le marché automobile cette année, les constructeurs disposent toujours d'une marge financière si réduite que les alliances qu'ils envisagent pour l'avenir devront se faire sans apport de cash.
"Ce que j'observe à l'heure actuelle dans le secteur, c'est qu'il y a beaucoup d'intérêt et beaucoup de discours sur des alliances, sur des échanges de participations", a commenté Klaus Pflum, responsable des fusions-acquisitions dans l'automobile chez Nomura, au cours du Sommet sur l'automobile organisé par Reuters à Paris et Detroit.
"Mais l'intérêt pour de grosses opérations reste moins grand, vu les problèmes de financement que rencontrent la plupart des entreprises", ajoute-t-il.
Dernier exemple en date, l'équipementier Faurecia a annoncé lundi le rachat de l'américain Emcon Technologies pour renforcer son leadership sur le marché des technologies de contrôle des émissions de CO2.
Mais Faurecia a précisé que le rachat d'Emcon, qui a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 2,4 milliards d'euros, se fera sans sortie de cash ni impact significatif sur l'endettement puisqu'il sera payé exclusivement au moyen d'une émission de 20,9 millions d'actions nouvelles de l'équipementier français.
La crise automobile de 2008, provoquée par une chute de la demande et des stocks très excédentaires, a contraint l'ensemble de la filière à réduire drastiquement ses coûts et à donner la priorité à la préservation de ses liquidités.
"Tout le monde veut garder son cash au sec", poursuit Klaus Pflum. "Les acteurs sont très hésitants dès qu'il s'agit de conclure une transaction, je pense qu'à l'heure actuelle, nous allons avoir moins d'opérations en cash."
LA VALEUR DES TRANSACTIONS POURRAIT CROÎTRE EN 2010 Suite...

