La crise coûte 4,3 points de croissance à la France, dit l'Insee
PARIS (Reuters) - La crise actuelle devrait coûter 4,3 points de croissance à la France en 2009, plus qu'en Espagne et en Italie mais moins que dans les pays anglo-saxons, au Japon et en Allemagne, estime l'Insee.
Au total, l'Insee chiffre le coût de la crise à entre trois et sept points de PIB selon les pays étudiés.
"Si notre récession est bien une récession mondiale, certains pays sont plus touchés que d'autres, soit parce qu'ils subissent de fortes crises immobilières, soit parce que leur économie est très dépendante du commerce extérieur," a expliqué lors d'une conférence de presse Mathilde Clément, chargée d'études sur la conjoncture internationale à l'Insee.
L'impact le plus fort, de 7,0 points, serait subi par le Japon, frappé par la chute du commerce mondial et par l'appréciation du yen.
Les exportations ne représentent que 16% du PIB japonais mais le pays subit le contrecoup de la chute des importations chinoises dont le contenu en produits nippons est très élevé.
Pour l'Allemagne, pays dont les exportations représentent 47% du PIB - contre 27% en France - la crise coûterait 5,5 points de PIB selon l'Insee.
L'Insee prévoit une contraction de 5,6% du commerce mondial au premier trimestre 2009.
Dans le cas du Royaume-Uni et des Etats-Unis, le coût de la crise - respectivement 5,8 et 5,5 points de PIB en 2009 - est amplifié par un effet de richesse négatif dû au retournement sévère du marché immobilier dans ces deux pays.
En France, la dépréciation des actifs des ménages et la restriction du crédit affecteraient la croissance avec des poids sensiblement égaux en 2009. Leur impact serait amplifié par la diminution des débouchés pour les entreprises qui, anticipant une demande affaiblie, préféreraient écouler leurs stocks plutôt que de produire. "Le coût de la crise en termes de croissance s'élèverait ainsi à plus de quatre points de PIB en 2009", indique l'Insee.
Véronique Tison, édité par Yves Clarisse
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