La Banque mondiale prédit un lourd déficit des pays émergents

lundi 9 mars 2009 10h20
 

DAR ES SALAAM (Reuters) - Les pays en développement risquent de se trouver confrontés cette année à un déficit budgétaire total de 270 à 700 milliards de dollars en raison du ralentissement économique, prévient la Banque mondiale.

Ces pays vont être confrontés à la fois à une baisse de leurs revenus et à la diminution probable des financements de pays développés, en manque de capitaux.

Même en considérant l'hypothèse la plus optimiste de son évaluation, la Banque mondiale a averti que les réserves des institutions internationales ne suffiraient pas à répondre aux besoins d'un nombre croissant de pays émergents.

"Si la réalité s'avère plus pessimiste, les besoins financiers seront colossaux", indique la Banque mondiale dans une note préliminaire à la réunion des vingt plus grandes économies mondiales, le 2 avril à Londres.

La semaine dernière, le Fonds monétaire international prévoyait que les pays en développement auraient besoin en 2009 de 25 à 140 milliards de dollars pour boucler leurs budgets.

Ces Etats doivent notamment affronter une chute de leurs exportations, alors que le volume des échanges internationaux est en baisse pour la première fois depuis 1982.

Le repli des cours des matières premières et la diminution des versements envoyés par leurs ressortissants à l'étranger ne font qu'aggraver le problème.

"Le défi qui attend les pays en développement consistera, avec moins de ressources, à trouver le moyen de maintenir, voire d'augmenter des dépenses vitales, notamment dans la protection sociale, le développement humain et les infrastructures de première nécessité", ajoute la Banque mondiale.

Les pays qui seront le plus touchés dépendent fortement des aides extérieures des pays riches, qui risquent de les diminuer en raison de leurs propres difficultés budgétaires.

"Il est par conséquent fortement nécessaire d'augmenter l'aide aux (pays à faibles revenus) afin de protéger les dépenses vitales et empêcher l'érosion des progrès de la lutte contre la pauvreté."

Lesley Wroughton, version française Gregory Schwartz