Pour l'Eurogroupe, le plan de la CE va dans le bon sens
par Julien Toyer
BRUXELLES (Reuters) - Le plan de relance de 200 milliards d'euros de la Commission européenne va dans le bon sens et démontre une réaction forte de politique économique, ont estimé lundi les pays de la zone euro.
Réunis à Bruxelles, les ministres des Finances des quinze pays partageant la monnaie unique ont jugé que le programme économique annoncé mercredi dernier par l'exécutif européen était un élément nécessaire pour faire face à la crise, au-delà de la politique monétaire et du simple jeu des stabilisateurs automatiques.
"La politique monétaire ne pourra pas produire des effets suffisants face à la crise", a déclaré le président de l'Eurogroupe, le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, estimant qu'une politique économique forte, cohérente et coordonnée était nécessaire.
"Tout le monde est d'accord pour une réaction de politique économique, pour laisser jouer les stabilisateurs économiques et pour mettre l'accent sur les investissements publics", a-t-il ensuite indiqué.
Pressée par ses partenaires européens d'avoir une attitude moins frileuse face à la crise, l'Allemagne est quant à elle restée au centre des attentions alors qu'Angela Merkel a répété lundi qu'elle n'avait pas l'intention d'étendre le plan de relance déjà annoncé par Berlin.
"Nous n'allons pas prendre part à une compétition où chacun tente de faire mieux que les autres, avec une liste sans fin de nouvelles propositions, dans une course absurde aux milliards", a déclaré la dirigeante allemande, dont les propos semblaient viser directement le chef de l'Etat français, Nicolas Sarkozy.
Ce dernier doit annoncer jeudi un plan de soutien à l'économie "assez massif" pour un montant estimé à 1% du Produit intérieur brut (PIB), soit quelque 19 milliards d'euros, et ce alors que le déficit budgétaire français s'apprête à franchir la limite de 3% du PIB fixée par le Pacte européen de stabilité et de croissance.
A son arrivée à Bruxelles, le ministre allemand des Finances, Peer Steinbrück, a d'ailleurs répété que l'Allemagne avait déjà annoncé deux plans pour un montant total de 31 milliards d'euros, soit 1,25% de son PIB, en référence aux préconisations de la Commission européenne. Suite...

