17 mai 2017 / 16:29 / dans 4 mois

Les actions et le dollar chutent avec le risque Trump

Les Bourses européennes ont terminé en forte baisse mercredi, après avoir accentué leur repli avec Wall Street, alors que les polémiques entourant Donald Trump ont provoqué un regain de volatilité et d'aversion au risque sur les marchés, alimentant la baisse du dollar et la hausse des valeurs refuges. À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 1,63% à 5.317,89 points et le Dax allemand a perdu 1,35%. Seul le Footsie (-0,25%) à Londres est parvenu à limiter son repli. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé en forte baisse mercredi, après avoir accentué leur repli avec Wall Street, alors que les polémiques entourant Donald Trump ont provoqué un regain de volatilité et d‘aversion au risque sur les marchés, alimentant la baisse du dollar et la hausse des valeurs refuges.

À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 1,63% à 5.317,89 points et le Dax allemand a perdu 1,35%. L‘indice EuroStoxx 50 a lâché 1,57%, le FTSEurofirst 300 a reculé de 1,36% et le Stoxx 600 de 1,2%.

A Wall Street, les principaux indices actions perdaient plus de 1%, s‘acheminant vers leur plus fort repli journalier depuis la fin mars.

Seul le Footsie (-0,25%) à Londres est parvenu à limiter son repli, grâce au bond des groupes miniers aurifères Fresnillo et Randgold Resources dopés par l‘envolée des cours de l‘or. Le métal jaune grimpe de 1,7%, à un plus haut depuis le début du mois, favorisé par l‘aversion au risque et le repli du dollar.

Ce contexte se traduit aussi par un rebond marqué de la volatilité: l‘indice de volatilité du S&P 500 revient au-delà du seuil de 13, après être tombé à moins de 10 la semaine dernière.

Les marchés actions ont perdu du terrain dès la matinée en Asie après l‘information selon laquelle Donald Trump a demandé en février à James Comey, qui était encore directeur du FBI, de mettre un terme à l‘enquête sur les contacts russes de son ex-conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn.

Cette dernière affaire, susceptible de donner lieu à des accusations d‘obstruction à la justice, intervient après les informations parues en début de semaine selon lesquelles le chef de la Maison blanche aurait dévoilé des informations classifiées au ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, malgré les dénégations, mercredi, du président russe Vladimir Poutine.

“Les marchés actions avaient ignoré les polémiques à Washington. Toutefois, nous pensons que la situation devrait changer alors que cette crise amène à interrompre l‘agenda de la Maison blanche en faveur de la croissance, ce qui fait dégonfler le rally lié aux espoirs de réforme”, observe Peter Cardillo, économiste chez First Standard Financial.

Les investisseurs attendaient beaucoup des mesures promises par l‘administration Trump concernant notamment une réduction de la fiscalité des entreprises, un vaste projet d‘investissements en infrastructures et un démantèlement de la loi Dodd-Frank sur la réglementation financière. Les réformes envisagées par Donald Trump devaient globalement permettre de doper la croissance américaine, confortant ainsi la normalisation en cours de la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed).

Dans ce contexte, le secteur financier américain est fortement pénalisé, entraînant dans son sillage les valeurs bancaires européennes. A Wall Street, Goldman Sachs chute de 3,8% et JPMorgan Chase de 2,6%.

En Europe, le compartiment bancaire a cédé 1,99%, BNP Paribas et Société Générale ayant toutes deux perdu autour de 3% à Paris.

Le secteur de la construction et de matériaux de construction a été également délaissé, son indice européen ayant chuté de 2,09%.

Parmi les plus fortes baisses du Stoxx 600, EDF a décroché avec l‘actualité politique en France. L‘annonce de la nomination au ministère de l‘Ecologie de Nicolas Hulot, perçu comme peu favorable à l‘énergie nucléaire, a fait chuter le titre de 6,57%.

Déjà fragilisé ces derniers jours par des indicateurs américains ressortis inférieurs aux attentes, le billet vert a achevé d‘effacer ses gains enregistrés depuis l‘élection de Donald Trump le 8 novembre.

Le billet vert s‘inscrit en nette baisse face aux autres grandes devises, notamment face à celles considérées comme des actifs refuges, à l‘instar du yen et du franc suisse. Le dollar est tombé à un plus bas depuis le début du mois face à la devise nippone et évolue à son niveau le plus faible depuis six mois face à la monnaie helvète.

Le repli du dollar est aussi favorisé par la baisse des rendements obligataires américains, celui à 10 ans étant retombé à 2,24%, un plus bas d‘un mois. Le rendement de l‘emprunt d‘Etat allemand de même échéance évolue à un plus bas de trois semaines.

Sur le marché pétrolier, les cours du brut sont restés peu concernés par les doutes entourant Donald Trump. Ils ont au contraire réagi positivement à la baisse moins forte que prévu la semaine dernière des stocks américains de pétrole brut aux Etats-Unis annoncée par l‘Agence américaine d‘information sur l‘énergie (EIA).

Le baril de Brent avance de 1,6% à 52,47 dollars et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) gagne 1,4% à 49,32 dollars.

Blandine Hénault

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