Western Digital veut bloquer la vente des puces de Toshiba

lundi 15 mai 2017 15h21
 

par Makiko Yamazaki

TOKYO (Reuters) - Western Digital a demandé un arbitrage international pour empêcher Toshiba de vendre sa filiale mémoires sans son consentement, ce qui pourrait compromettre le projet d'une augmentation de capital dont le conglomérat japonais a ardemment besoin.

Western Digital et Toshiba exploitent ensemble la principale usine de semi-conducteurs du groupe japonais mais le spécialiste américain des disques durs et des mémoires ne passe pas pour être bien placé pour le rachat du deuxième producteur mondial de puces NAND, en raison d'offres bien supérieures à la sienne, a expliqué une source au fait du dossier.

Une bataille juridique pourrait retarder ou mettre fin à une cession évaluée à 18 milliards de dollars et qui a suscité l'intérêt du fonds de capital investissement KKR, du sous-traitant taïwanais Foxconn et du fondeur américain Broadcom.

Le conglomérat japonais compte sur la vente de cette activité pour couvrir les milliards de dollars de dépassement de coûts de sa filiale nucléaire américaine Westinghouse qui en est au stade du dépôt de bilan.

Menacé d'une radiation de la Bourse de Tokyo en raison de comptes non certifiés, Toshiba a également besoin de cet apport de liquidités pour renforcer son bilan.

Le groupe japonais a dit lundi dans son document financier non audité prévoir une perte nette de 950 milliards de yens (7,7 milliards d'euros) sur l'exercice 2016-2017 clos en mars dernier et un actif net négatif de 540 milliards d'euros.

Après des mois de relations tumultueuses, Western Digital a dit avoir engagé une procédure d'arbitrage auprès de la Chambre de commerce internationale. Il veut que Toshiba renonce à son projet de déplacer ses actifs dans la coentreprise dans une entité séparée baptisée Toshiba Memory et qu'il renonce à la vente faute du consentement de SanDisk, filiale mémoires de Western Digital.

Satoshi Tsunakawa, le directeur général de Toshiba, estime qu'il n'y a aucune violation de l'accord de coentreprise et qu'en conséquence Western Digital n'a aucune raison valable de bloquer la procédure de vente. Il espère poursuivre le dialogue avec son associé américain.   Suite...

 
Western Digital a demandé un arbitrage international pour empêcher Toshiba de vendre sa filiale mémoires sans son consentement, ce qui pourrait compromettre le projet d'une augmentation de capital dont le conglomérat japonais a ardemment besoin. /Photo d'archives/REUTERS/Mike Blake