Sanofi défend sa réactivité dans la gestion du dossier Dépakine

jeudi 27 octobre 2016 18h52
 

par Noëlle Mennella

PARIS (Reuters) - Sanofi se défend d'avoir manqué de réactivité dans la gestion du dossier de la Dépakine, qui présente des risques pour la santé du foetus, et n'a constitué aucune provision dans ses comptes à ce titre, a déclaré à Reuters Pascal Michon, directeur médical France du laboratoire.

La Dépakine est un antiépileptique également prescrit en cas de troubles bipolaires que Sanofi commercialise en France depuis 1967.

L'Inspection générale des affaires sociales (Igas) avait dénoncé en février une "faible réactivité" de Sanofi et de l'Agence du médicament, leur reprochant une information insuffisante sur les risques connus pour les femmes enceintes.

En août, les autorités sanitaires révélaient que plus de 14.000 femmes enceintes avaient été exposées en France au valproate de sodium, substance active de la Dépakine et de ses génériques, entre 2007 et 2014 alors que les dangers pour les foetus étaient connus et que sa prescription pendant la grossesse était explicitement déconseillée depuis 2006.

Une étude concernant le nombre d'enfants potentiellement atteints de malformations congénitales liées à la Dépakine est attendue à la fin 2016 ou au début 2017.

Pascal Michon, lui-même médecin, assure que Sanofi a fait preuve de "transparence" vis-à-vis des autorités de santé.

"Compte tenu des démarches que nous avons engagées au fur et à mesure de l'évolution des connaissances scientifiques depuis le début des années 1980, nous considérons que nous avons toujours rempli notre mission et nos obligations sous le contrôle des autorités de santé", a-t-il dit. "Il n'y a en conséquence pas de provisions."

Il n'a donné aucune information sur le coût financier du dossier. La Dépakine a généré en 2015 un chiffre d'affaires mondial de 422 millions d'euros, contre 395 millions un an plus tôt. Au premier semestre 2016, ses ventes se sont élevées à 206 millions d'euros, pour un chiffre d'affaires mondial de Sanofi de 15,9 milliards.   Suite...

 
Sanofi se défend d'avoir manqué de réactivité dans la gestion du dossier de la Dépakine et n'a constitué aucune provision dans ses comptes à ce titre. La Dépakine est un antiépileptique également prescrit en cas de troubles bipolaires que Sanofi commercialise en France depuis 1967. L'Inspection générale des affaires sociales (Igas) avait dénoncé en février une "faible réactivité" de Sanofi et de l'Agence du médicament, leur reprochant une information insuffisante sur les risques connus pour les femmes enceintes. /Photo d'archives/REUTERS/Christian Hartmann