Sapin met Londres en garde contre la tentation d'un hard Brexit

mardi 4 octobre 2016 18h48
 

par Myriam Rivet et Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - Michel Sapin a estimé mardi dans une interview à Reuters que la date tardive choisie par la Grande-Bretagne pour ouvrir la procédure de divorce avec l'Union européenne était le signe qu'elle se préparait à de dures négociations, au risque d'un "hard Brexit" qui ne serait pas dans son intérêt.

La Première ministre britannique Theresa May a indiqué dimanche que Londres invoquerait avant la fin mars l'article 50 du Traité européen, qui ouvrira officiellement une période de négociations de deux ans avec Bruxelles.

La France a insisté à plusieurs reprises sur la nécessité d'engager rapidement ces discussions pour dissiper toutes les incertitudes liées à ce divorce.

"Mars, c’est déjà tard", a déclaré le ministre français de l'Economie et des Finances.

"Ce qui était le plus frappant dans l’expression de Theresa May, ce qui m’a le plus frappé, c’est que, avec une date tardive, ça ne donnait pas le sentiment de vouloir se préparer à des négociations ouvertes", a-t-il ajouté.

En choisissant le mois de mars, elle "s'est donné le temps de se mettre en ordre de bataille". Mais "la bataille n'est pas dans l'intérêt de la Grande-Bretagne" et l'Europe continentale "défendra ses intérêts", a souligné le ministre français.

Theresa May a aussi qualifié dimanche de "dichotomie erronée" la distinction entre un "soft Brexit", fondé sur des concessions mutuelles, et un "hard Brexit".

Ses propos ont incité des observateurs à conclure que Londres pourrait opter pour la deuxième option, renonçant aux avantages du marché unique européen en contrepartie d'une souveraineté retrouvée dans le domaine de la politique migratoire.   Suite...

 
Michel Sapin a estimé mardi dans une interview à Reuters que la date tardive choisie par la Grande-Bretagne pour ouvrir la procédure de divorce avec l'Union européenne était le signe qu'elle se préparait à de dures négociations, au risque d'un "hard Brexit" qui ne serait pas dans son intérêt. La Première ministre britannique Theresa May a indiqué dimanche que Londres invoquerait avant la fin mars l'article 50 du Traité européen, qui ouvrira officiellement une période de négociations de deux ans avec Bruxelles. /Photo prise le 4 octobre 2016/REUTERS/Jacky Naegelen