Les grands argentiers de la zone franc défendent le franc CFA

vendredi 30 septembre 2016 18h41
 

par Yann, Le et Guernigou

PARIS (Reuters) - Le franc CFA est à sa juste valeur et, loin d'être un frein à la croissance, permet aux pays qui l'ont pour monnaie de mieux résister au choc créé par la faiblesse des cours des matières premières, ont estimé vendredi les responsables financiers de la zone franc.

"Nous menons régulièrement des études économiques pour voir si le franc CFA est surévalué ou sous-évalué par rapport à son niveau économique de très long terme. Aujourd'hui notre réponse est très claire, le franc CFA n'est ni sous-évalué, ni surévalué", a déclaré le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau.

Il a ajouté que le franc CFA, devise partagée par 14 pays d'Afrique subsaharienne plus les Comores, agissait comme un "mécanisme de protection contra-cyclique", qui évite que son taux de change s'apprécie trop quand les cours des matières premières flambent ou qu'il périclite quand ils sont faibles, comme c'est le cas aujourd'hui, avec pour conséquence des poussées inflationnistes.

"De grands pays pétroliers d'Afrique qui ne sont pas dans la zone franc ont aujourd'hui des inflations domestiques à deux chiffres très spectaculaires, c'est évidemment une très mauvaise chose pour le pouvoir d'achat", a encore dit le gouverneur.

Il s'exprimait à l'issue de la réunion semestrielle des responsables économiques de la zone franc.

Celle-ci repose sur l'existence d'une parité fixe entre le franc CFA et l'euro, nouée au départ avec le franc français et qui a survécu à la décolonisation.

La question du maintien de ce lien est récurrente en ce qu'il limite pour les pays d'Afrique centrale et occidentale, plus les Comores, de la zone franc leur marge de manoeuvre pour s'adapter à des situations économiques différentes.

  Suite...

 
Le franc CFA est à sa juste valeur et, loin d'être un frein à la croissance, permet aux pays qui l'ont pour monnaie de mieux résister au choc créé par la faiblesse des cours des matières premières, estiment vendredi les responsables financiers de la zone franc. La devise partagée par 14 pays d'Afrique subsaharienne plus les Comores bénéficie d'une parité fixe avec l'euro. /Photo d'archives/REUTERS/Thierry Gouegnon