30 septembre 2016 / 13:17 / dans un an

Après Nissan, Jaguar Land Rover réclame un Brexit équitable

Jaguar Land Rover va "réorienter sa réflexion" sur ses investissements après la décision britannique de sortir de l'Union européenne. Pour le premier constructeur automobile britannique, si Nissan obtient de Londres des compensations, les autres constructeurs doivent également bénéficier d'un traitement équivalent. /Photo prise le 12 septembre 2016/REUTERS/Phil Noble

LONDRES (Reuters) - Jaguar Land Rover a déclaré vendredi qu‘il allait “réorienter sa réflexion” sur ses investissements après la décision britannique de sortir de l‘Union européenne, ajoutant que si Nissan obtenait de Londres des compensations, les autres constructeurs devaient bénéficier d‘un traitement équivalent.

Le directeur général du premier constructeur automobile britannique, Ralf Speth, a expliqué dans un entretien à Reuters à l‘occasion du Mondial de l‘auto à Paris que certains clients en Europe, le plus grand marché de Jaguar Land Rover, ne voulaient plus acheter de voitures britanniques après le vote pour le Brexit.

Interrogé sur les propos du PDG de Nissan, Carlos Ghosn, qui a déclaré jeudi qu‘il ne s‘engagerait pas dans de nouveaux investissements au Royaume-Uni sans accord avec Londres sur des compensations en cas d‘éventuels coûts douaniers liés au Brexit, il a répondu:

“Nous sommes le seul constructeur automobile du Royaume-Uni à réaliser tous nos travaux de recherche, de conception, d‘ingénierie, de planification de la production au Royaume-Uni. Nous voulons bénéficier d‘un traitement juste et d‘une concurrence équitable au bout du compte.”

Il a dit que son entreprise, qui a construit le tiers des 1,6 million de voitures assemblées au Royaume-Uni l‘an dernier, pourrait être doublement pénalisée si le Brexit se soldait par l‘instauration de droits de douanes sur les exportations de voitures et sur les importations de pièces détachées et de technologie en provenance de l‘Union européenne.

Ralf Speth a ajouté que la stratégie d‘investissement à long terme du groupe n‘avait pas changé mais qu‘elle devait être repensée après le vote du 23 juin.

Il a néanmoins laissé la porte ouverture à de nouveaux investissements dont une usine de batteries électriques et de voitures au Royaume-Uni, si les conditions s‘y prêtent.

Costas Pitas, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Marc Angrand

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