La trêve entre Berlin et la BCE de plus en plus fragile

dimanche 25 septembre 2016 17h41
 

par Noah Barkin

BERLIN (Reuters) - Michael Stübgen, député chrétien-démocrate allemand, reconnaît que la Banque centrale européenne (BCE) et son président, Mario Draghi, ont contribué à sauver la zone euro il y a quatre ans. Mais cela ne l'empêche pas de dire que la politique actuelle de la BCE, qui passe commencer par des achats massifs d'obligations, va trop loin.

Et il n'est pas le seul: lui et ses collègues du groupe CDU-CSU s'apprêtent à le dire clairement à Mario Draghi mercredi à l'occasion de l'une des rares visites du président de la BCE au Bundestag.

"Il est temps que la BCE change de cap", résume le député.

Au printemps dernier, déjà, les critiques allemandes s'étaient multipliées contre la banque centrale et sa politique d'"assouplissement quantitatif" (quantitative easing ou QE) consistant à consacrer chaque mois des dizaines de milliards d'euros à l'achat de titres sur les marchés pour faire baisser le coût du crédit.

Le ministre des Finances Wolfgang Schäuble lui-même avait reproché à cette stratégie de favoriser la montée du parti populiste europhobe et anti-immigration AfD (Alternative pour l'Allemagne).

Les attaques de Schäuble étaient alors exceptionnelles d'abord parce qu'elles émanaient d'Allemagne, pays où l'indépendance de la banque centrale est un principe bien établi, ensuite parce qu'elles étaient personnelles: le ministre ne visait pas seulement la politique menée par la BCE, mais bien Mario Draghi lui-même.

La tempête qui a suivi a contraint les deux hommes à s'asseoir à la même table pour un déjeuner à Washington fin avril, et à conclure une trêve. Celle-ci tient tant bien que mal depuis cinq mois mais elle semble aujourd'hui sur le point de se rompre.

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Après les attaques de Schäuble qui ne visaient pas seulement la politique menée par la BCE, mais bien Mario Draghi,  les deux hommes avient été contraints à s'asseoir à la même table pour un déjeuner à Washington fin avril, et à conclure une trêve. Celle-ci tient tant bien que mal depuis cinq mois mais elle semble aujourd'hui sur le point de se rompre.. /Photo prise le 25 septembre /REUTERS/Kai Pfaffenbach