Deutsche Bank menacée d'une amende de 14 milliards de dollars

vendredi 16 septembre 2016 14h57
 

par Arno Schuetze

FRANCFORT (Reuters) - Deutsche Bank a annoncé vendredi son intention de se défendre contre la menace d'une amende de 14 milliards de dollars (12,5 milliards d'euros) de la justice américaine dans le cadre d'une enquête sur la vente de titres adossés à des prêts immobiliers (MBS), une mauvaise nouvelle supplémentaire pour la première banque allemande, déjà mal en point.

La sanction réclamée par le département américain de la Justice, qui devrait désormais faire l'objet de plusieurs mois de négociations, est nettement supérieure à ce qu'anticipait Deutsche Bank, qui tablait jusqu'à présent sur un montant de trois milliards d'euros au plus.

A la Bourse de Francfort, l'action Deutsche Bank perdait plus de 8% vers 14h30, la plus forte baisse des grands indices européens, entraînant avec elle de nombreuses valeurs du secteur bancaire.

Le titre a déjà perdu près de la moitié de sa valeur depuis le début de l'année, certains analystes disant craindre que le groupe n'ait besoin de faire de nouveau appel au marché pour renforcer son bilan et préserver sa solvabilité.

Une telle augmentation de capital serait la quatrième depuis 2010, les trois premières ayant représenté près de 22 milliards d'euros, dont 8,5 milliards pour la dernière en date, en juin 2014.

En Bourse, la banque est valorisée à moins d'un tiers de sa valeur comptable et certains observateurs estiment qu'elle pourrait avoir besoin de l'aide des pouvoirs publics allemands.

"Si l'amende, au final, atteint cinq milliards d'euros ou plus, Deutsche Bank ne pourra plus éviter une augmentation de capital", estime Ingo Frommen, analyste spécialiste de LBBW.

Sur le marché de la dette, les obligations "Additional Tier 1" du groupe étaient en forte baisse, victime de craintes sur la capacité de la banque à payer les intérêts sur ces titres.   Suite...

 
Le département américain de la Justice réclame 14 milliards de dollars (12,5 milliards d'euros) à Deutsche Bank pour mettre fin à une enquête sur la vente de titres adossés à des créances hypothécaires. /Photo prise le 26 janvier 2016/REUTERS/Kai Pfaffenbach