Londres donne son feu vert à Hinkley Point, avec des garde-fous

jeudi 15 septembre 2016 14h36
 

par Benjamin Mallet et Kate Holton

PARIS/LONDRES (Reuters) - La Première ministre britannique Theresa May a donné jeudi son feu vert à la construction par EDF d'une centrale nucléaire à Hinkley Point, un projet de 18 milliards de livres sterling (21,2 milliards d'euros) financé en partie par des capitaux chinois.

Le gouvernement britannique a précisé dans un communiqué que son aval à la construction de deux réacteurs de type EPR dans le sud-ouest de l'Angleterre était assorti de nouvelles conditions qui lui permettent notamment d'intervenir en cas de vente de la participation de contrôle d'EDF.

Les autres termes des accords précédemment signés sont inchangés et EDF détiendra comme prévu 66,5% du projet tandis que le chinois CGN investira 6 milliards de livres pour en acquérir 33,5%.

"La principale demande du gouvernement britannique était qu'EDF reste actionnaire du projet pendant toute la durée de construction, c'est-à-dire qu'il ne vende pas aux Chinois", a dit source au fait du dossier. "Ensuite, Londres bénéficiera d'un droit de veto, d'une 'golden share', en cas de cession pendant la durée d'exploitation."

Le PDG d'EDF Jean-Bernard Lévy a indiqué que le capital d'Hinkley Point pourrait un jour évoluer mais que l'électricien public français en resterait l'actionnaire de contrôle.

"Peut-être un jour, mais ce n'est pas l'ordre du jour, il y aura des évolutions (...) Aujourd'hui, nous ne sommes pas à la recherche d'investisseurs tiers sur le sujet", a-t-il dit lors d'une conférence téléphonique.

Le gouvernement britannique a pour sa part évoqué une "action spéciale" dans tous les futurs projets nucléaires, qui imposera son aval à des ventes de participations significatives, estimant ainsi que le nouveau cadre garantira la "sécurité nationale" en cas d'investissements étrangers dans des infrastructures.

Londres, qui n'a pas mentionné CGN dans son communiqué, a précisé que le nouveau cadre juridique serait confirmé dans un "échange de lettres" avec EDF, qui "se réjouit" pour sa part du feu vert au projet et confirme l'engagement de "son partenaire de longue date" chinois.   Suite...

 
La Première ministre britannique, Theresa May, a donné son feu vert à la construction par EDF de deux réacteurs nucléaires de type EPR à Hinkley Point, dans le sud-ouest de l'Angleterre, un projet de 18 milliards de livres (21,2 milliards d'euros) financé en partie par des capitaux chinois. /Photo prise le 14 septembre 2016/REUTERS/Stefan Wermuth