Bayer convainc Monsanto pour une offre à 66 milliards de dollars

mercredi 14 septembre 2016 17h40
 

par Greg Roumeliotis et Ludwig Burger

NEW YORK/FRANCFORT (Reuters) - Le géant allemand de la pharmacie et de l'agrochimie Bayer a annoncé mercredi avoir convaincu le spécialiste américain des semences Monsanto d'accepter une offre d'achat de 66 milliards de dollars (58,8 milliards d'euros) après plusieurs tentatives infructueuses.

Cette offre d'achat de 128 dollars par action, la troisième soumise par Bayer à sa cible, est la plus importante de l'année tous secteurs confondus et la plus importante de l'histoire payable intégralement en numéraire.

En rachetant Monsanto, pionnier des organismes génétiquement modifiés (OGM), Bayer pourrait s'assurer plus d'un quart du marché mondial des semences et des pesticides et renforcer sa position sur un marché en pleine consolidation.

Le projet sera toutefois étudié avec attention par les autorités de la concurrence et certains des actionnaires de Bayer l'ont déjà critiqué sévèrement, jugeant que le groupe risquait de surpayer Monsanto et de négliger ses activités pharmaceutiques.

"Les concurrents de Bayer fusionnent, donc ne pas mener à bien cette opération se traduirait par un handicap concurrentiel", a commenté Markus Mann, gérant d'Union Investment, l'un des 12 principaux actionnaires de Bayer selon les données Thomson Reuters.

Il a ajouté que peu d'observateurs s'attendaient à un accord sur un prix inférieur à 130 dollars par action mais il a noté que le projet, au-delà des risques liés à la concurrence, risquait de réduire les marges de manoeuvre de Bayer dans la pharmacie.

Bayer prévoit que l'opération sera menée à bien d'ici la fin 2017 mais l'accord prévoit une indemnité de rupture de deux milliards de dollars dans le cas où l'opération n'obtiendrait pas toutes les autorisations nécessaires.

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Bayer a annoncé mercredi le rachat de l'américain Monsanto pour 66 milliards de dollars (58,8 milliards d'euros) dette comprise, une opération conclue après des mois de négociations qui vise à créer le numéro un mondial des semences et des pesticides. /Photo prise le 1er mars 2016/REUTERS/Marco Bello