8 septembre 2016 / 13:17 / il y a un an

La BCE étudie d'éventuels changements aux rachats d'actifs

Selon le président de Banque centrale européenne, Mario Draghi, la BCE étudie d'éventuelles modifications à apporter aux règles qui régissent son programme de rachats d'actifs. L'institution de Francfort pourrait notamment assouplir les règles qu'elle s'est fixées lui interdisant d'acheter des titres au rendement inférieur à son taux de dépôt, actuellement négatif à -0,40%, et d'acquérir plus de 33% d'une ligne obligataire spécifique, estiment les observateurs. /Photo prise le 21 juillet 2016/Ralph Orlowski

FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) étudie d'éventuelles modifications à apporter aux règles qui régissent son programme de rachats d'actifs, a déclaré jeudi son président alors que l'inflation au sein de la zone euro demeure nettement inférieure à l'objectif à moyen terme de l'institution.

Mario Draghi n'a toutefois pas confirmé une possible extension du programme d'achats d'actifs de 80 milliards d'euros par mois, réaffirmant qu'il continuerait jusqu'en mars 2017 et au-delà si nécessaire.

"Le Conseil des gouverneurs a chargé les comités concernés d'évaluer les options permettant d'assurer le bon déroulement du programme d'achats", a déclaré Mario Draghi lors de la traditionnelle conférence de presse qui suit les réunions de politique monétaire.

La BCE a laissé ses taux directeurs inchangés comme attendu. Le taux de refinancement a été maintenu jeudi à 0,0%, le taux de facilité de dépôt à -0,40% et le taux de prêt marginal à 0,25%, niveaux auxquels ils avaient été ramenés le 10 mars.

Elle a marginalement abaissé sa prévision de croissance au sein de la zone euro pour 2017 et 2018 et mis en garde contre des risques à la baisse, citant notamment l'incertitude liée au Brexit. Mais Mario Draghi a déclaré qu'aucune action n'était nécessaire pour l'instant.

"Pour le moment, les changements (dans les projections) ne sont pas suffisamment importants pour justifier une décision d'agir. Nous constatons que notre politique monétaire est efficace", a-t-il dit.

L'euro a atteint un plus haut de deux semaines, les rendements obligataires se sont tendus et les marchés actions de la zone euro ont reculé après que Mario Draghi eut confirmé que la question d'une prolongation du programme d'achats d'actifs n'avait pas été débattue par le Conseil des gouverneurs.

La BCE espère raviver l'inflation et la croissance au sein de la zone euro, plombées par près d'une décennie de crises et de marasme économique grâce à sa politique de taux d'intérêt négatif et d'assouplissement quantitatif (QE).

AJUSTEMENTS NECESSAIRES

Après 18 mois d'achats d'actifs, principalement d'obligations souveraines de la zone euro, la taille de son bilan a franchi le seuil des 1.000 milliards d'euros la semaine dernière mais l'inflation ne dépasse pas 0,2% en rythme annuel, bien en dessous de l'objectif d'une hausse des prix inférieure mais proche de 2% à moyen terme.

Une prolongation du programme d'achats fait débat car elle risque d'accentuer encore les distorsions de prix alors que la BCE est confrontée à la pénurie de certains des actifs éligibles. Elle a ainsi été contrainte d'interrompre ses achats en Estonie et n'a pas trouvé le mois dernier de titres luxembourgeois à acquérir.

En conséquence, les spéculations vont bon train sur une adaptation des règles qu'elle s'est donnée pour la mise en oeuvre de son programme, surtout si elle est amenée à le prolonger d'ici la fin de cette année comme cela est largement attendu.

La BCE pourrait ainsi assouplir les dispositions lui interdisant d'acheter des titres au rendement inférieur à son taux de dépôt et d'acquérir plus de 33% d'une ligne obligataire spécifique, estiment les observateurs.

Mais des changements plus radicaux avec l'achat de nouvelles catégories d'actifs comme des obligations bancaires, des prêts non performants voire à l'extrême des actions, sont aussi évoqués.

Toute modification risque cependant de raviver l'opposition des responsables monétaires les plus orthodoxes de la BCE et même de membres plus modérés du Conseil des gouverneurs qui s'inquiètent des conséquences négatives indésirables des mesures de stimulation monétaire non conventionnelle.

La BCE a relevé sa prévision de croissance du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro à 1,7% cette année contre une précédente prévision à 1,6% en juin.

Elle s'attend en revanche à une croissance de 1,6% en 2017 et en 2018, contre 1,7% précédemment dans les deux cas.

Concernant l'inflation, l'institut de Francfort la voit toujours à 0,2% cette année. Elle l'attend à 1,2% en 2017, contre 1,3% précédemment, mais la prévision pour 2018 n'a pas changé, à 1,6%.

Mario Draghi a par ailleurs appelé de nouveau à des réformes structurelles au sein de la zone euro, soulignant que leur rythme devait être "significativement accéléré".

"Les politiques budgétaires doivent soutenir la reprise économique" a-t-il aussi déclaré faisant écho à un message largement diffusé par les banquiers centraux lors de leur symposium annuel fin août à Jackson Hole aux Etats-Unis.

Bertrand Boucey et Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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