Les émetteurs souverains tentés par le long terme en zone euro

mercredi 7 septembre 2016 15h37
 

par Abhinav Ramnarayan

LONDRES (Reuters) - Les émetteurs souverains de la zone euro sont de plus en plus nombreux à sauter le pas des emprunts à très long terme, une option coûteuse qui peut convaincre des Etats échaudés par la crise de la dette des années 2011-2012.

La France, la Belgique et l'Espagne ont placé cette année de la dette à 50 ans, verrouillant pour un demi-siècle des taux ultra-bas, et l'Italie envisage de leur emboîter le pas. La Belgique et l'Irlande ont même placé des obligations à 100 ans, bien que pour de petits montants.

Certains spécialistes du marché primaire mettent toutefois en garde contre ces opérations qui peuvent s'avérer moins intéressantes qu'il n'y paraît si les maturités sont trop longues. Ils estiment ainsi que Rome pourrait réaliser des économies en émettant à 30 ans et en revenant sur les marchés à l'échéance en se refinançant pour les 20 années suivantes.

Dans une récente note de recherche, Deutsche Bank a ainsi calculé que l'Italie devrait servir un coupon de 2,65% sur une émission à 50 ans, sous réserve de ne pas avoir à supporter la prime généralement exigée par les investisseurs sur une nouvelle ligne.

D'après les calculs de la banque, le coupon à servir sur un emprunt à 30 ans serait de 2,20% et l'émission d'une ligne à 20 ans à cette échéance permettrait de réaliser des économies pour le contribuable transalpin.

Si la grande inconnue de ce scénario est le niveau des taux à 20 ans que devra payer l'Italie dans 30 ans, Deutsche Bank a toutefois calculé qu'il faudrait qu'ils soient multipliés par plus de deux par rapport à leur niveau actuel pour que Rome paye plus qu'en émettant aujourd'hui à 50 ans.

"Nos calculs montrent que si l'Italie émettait à 30 ans aujourd'hui et lançait dans 30 ans une émission à 20 ans avec un rendement à l'émission inférieur à 4,5%, Rome ferait encore des économies par rapport à une émission à 50 ans réalisée aujourd'hui", a dit à Reuters Abhishek Singhania, analyste de Deutsche Bank.

"Autrement dit, en ne prenant en compte que l'aspect économique, émettre à 50 ans aujourd'hui, c'est coûteux."   Suite...

 
Les émetteurs souverains de la zone euro sont de plus en plus nombreux à sauter le pas des emprunts à très long terme, une option coûteuse qui peut convaincre des Etats échaudés par la crise de la dette des années 2011-2012. Certains spécialistes du marché primaire mettent toutefois en garde contre ces opérations qui peuvent s'avérer moins intéressantes qu'il n'y paraît si les maturités sont trop longues. /Photo prise le 31 janvier 2016/REUTERS/Toby Melville